Que faire Nord Basse-Terre
Que faire Nord Basse-Terre
Que faire Nord Basse-Terre
S'il y a une chose que le Nord Basse-Terre fait mieux que personne, c'est le rhum agricole. Trois distilleries vivantes ponctuent la région, et chacune raconte une histoire différente du même terroir.
À Petit-Bourg, la Distillerie Montebello tourne depuis 1930. Reprise par la famille Marsolle en 1966, elle cultive une signature à part : une fermentation longue, de 48 à 52 heures là où l'usage tourne plutôt autour de 18 à 36 heures, qui laisse au jus de canne tout le loisir de développer ses arômes. C'est aussi l'une des dernières distilleries de l'île à broyer encore sa canne à la machine à vapeur, une mécanique héritée du XIXe siècle. La visite est gratuite, en semaine, sans réservation, et se termine par une dégustation.
Plus au nord, Sainte-Rose concentre deux maisons. La Distillerie Reimonenq, fondée en 1916 et toujours dans la famille, abrite le Musée du Rhum : un parcours qui suit la canne de la coupe à la mise en bouteille, complété par des collections inattendues, de la salle d'insectes aux maquettes de bateaux. Et le Domaine de Séverin, niché dans la verdure, garde une particularité unique en Guadeloupe : sa roue à eau, alimentée par la rivière, que l'on peut découvrir à pied ou à bord d'un petit train.
Trois visites, trois ambiances, une même filière qui irrigue toute la région. À consommer avec mesure, évidemment : le rhum se déguste, il ne se boit pas. Mais comme fil rouge d'une découverte du Nord Basse-Terre, difficile de faire mieux.
Le bon réflexe, pour le résident, est de ne pas tout enchaîner le même jour. On garde Montebello pour une sortie du côté de Petit-Bourg, on réserve une journée à Sainte-Rose pour Reimonenq et Séverin, plus proches l'un de l'autre. Et si l'on conduit, on désigne un conducteur sobre : les dégustations sont là pour apprendre à reconnaître les arômes, pas pour cumuler les verres.
Le rhum n'a pas le monopole. À Pointe-Noire, sur la côte sous le vent, la Maison du Cacao raconte une autre richesse du terroir guadeloupéen. C'est un éco-musée qui suit la fève de l'arbre à la tablette : récolte, fermentation, séchage, torréfaction, broyage.
Le parcours, ombragé, dure environ trois quarts d'heure, et il a le bon goût de se terminer par des dégustations. On y comprend pourquoi le cacao a longtemps fait partie du paysage agricole de l'île, et on repart souvent avec quelques tablettes sous le bras. Pour une sortie en famille, c'est une valeur sûre : pédagogique sans être scolaire, gourmande sans être écœurante. Et comme la Maison se trouve à deux pas de la route nationale, elle s'intègre facilement à une journée sur la côte sous le vent.
Le Nord Basse-Terre est une terre de pêcheurs, et ça se vit sur les quais. À Petit-Bourg, le port s'ouvre sur le Petit Cul-de-sac Marin, dans le quartier de la Vinaigrerie. Les marins-pêcheurs y sortent encore sur le canot saintois, cette embarcation traditionnelle construite en bois local, même si la résine a peu à peu pris le relais.
À Deshaies, le port reste l'un des plus pittoresques de l'île. La pêche y est artisanale, contrainte par la géographie, mais bien vivante : on y pratique le casier dans les fonds rocheux, la traîne pour le marlin et le thon, le filet et la palangre. Et surtout, on y vend le poisson directement sur le quai, à la criée informelle, le marchandage faisant partie du jeu. La dorade se pêche de novembre à avril; les poissons rouges, vivaneau et œil-de-bœuf, arrivent à partir d'août.
Pour le résident, c'est l'occasion d'acheter au plus court, du producteur au consommateur, et de comprendre d'où vient ce qui finit dans le court-bouillon du dimanche. Aucune visite ne remplace la rencontre avec un pêcheur qui rentre de mer. Les ports ont aussi leur charme visuel : les canots colorés alignés, les casiers empilés sur le quai, l'agitation du retour de pêche composent un tableau bien plus vivant que n'importe quel point de vue aménagé. À Deshaies en particulier, le port donne tout son cachet au bourg, et l'on s'y attarde volontiers en fin de journée.
S'il fallait choisir un seul rendez-vous régulier dans le Nord Basse-Terre, ce serait sans doute le marché de Petit-Bourg. Chaque vendredi, en fin de journée, le grand marché agricole, culinaire et artisanal « Jaden péyi Ti-Bou » rassemble les producteurs locaux.
On y trouve l'essentiel d'un garde-manger créole : patates douces, ignames, christophines, bananes de toutes sortes, fruits de saison, et l'ananas bouteille qui descend des hauteurs de Petit-Bourg. Les cuisinières y mijotent des spécialités à emporter, pâtés de crabe et friands au poisson en tête. C'est un marché de fin d'après-midi, qui se prolonge dans la soirée, avec cette ambiance particulière des marchés nocturnes guadeloupéens, où l'on vient autant pour acheter que pour se retrouver.
Pour qui habite la région, c'est le moment de remplir le panier de la semaine en soutenant directement les agriculteurs. Pour qui passe, c'est une plongée dans la vie locale qu'aucune carte postale ne capture.
Tournez le dos à la mer et le Nord Basse-Terre se redresse d'un coup. Derrière la bande côtière, le relief monte vite vers les mornes et la forêt tropicale, terrain de jeu inépuisable pour qui aime marcher.
Goyave donne accès aux chutes Moreau, une marche qui s'enfonce dans la forêt humide jusqu'à une longue cascade. Petit-Bourg sert de point de départ à la Trace Merwart, sentier de longue haleine qui relie le bourg à Goyave et Capesterre, avec de beaux points de vue depuis les mornes. Sainte-Rose ouvre des boucles vers le Saut des Trois Cornes et les sources de Sofaïa. Quant à Deshaies, c'est plutôt le littoral et la forêt sèche que l'on arpente, sur d'anciens chemins coloniaux entre Gros Morne et les plages.
Il y en a pour tous les niveaux, de la balade familiale à la randonnée engagée. Le point commun : on est rarement loin d'une rivière, d'une cascade ou d'un panorama. Pensez aux chaussures qui tiennent, à l'eau en quantité, et à vérifier la météo, car en forêt humide la pluie change tout.
Soyons honnêtes : ces sentiers ne sont pas tous des promenades de santé. La Trace Merwart, par exemple, est une affaire de plusieurs heures réservée aux marcheurs aguerris, et certains chemins deviennent vite glissants après la pluie. Mais la région offre aussi des accès plus simples, parfaits pour une sortie en famille ou une première découverte. L'essentiel est de choisir son itinéraire en fonction de son niveau et de la météo du jour, sans surestimer ses forces. La forêt tropicale est superbe, mais elle ne pardonne pas l'imprudence.
Après l'effort, le réconfort. Le Nord Basse-Terre a la chance de bénéficier du thermalisme volcanique de l'île, et son point d'orgue se trouve à Lamentin : l'Espace thermo-ludique René-Toribio de Ravine Chaude.
Perché à 110 mètres d'altitude, entouré de végétation tropicale, le site est alimenté par une source naturelle dont l'eau, riche en minéraux, en fer et en calcium, arrive à 33 °C. Elle descend directement des hauteurs, du côté de la Lézarde, non loin de la Soufrière. On y trouve un bassin de détente avec jacuzzi et un bassin sportif de 25 mètres. Après des travaux d'étanchéité, le site a rouvré ses portes en 2025.
C'est l'endroit idéal pour clore une journée de marche ou simplement pour se détendre un dimanche. Le thermalisme fait partie du patrimoine vivant de la région, au croisement de la nature et du bien-être.
Le Nord Basse-Terre se vit comme un tout. D'un côté la mer, ses ports de pêche et son poisson vendu au quai; de l'autre les hauteurs, la forêt et les sentiers; au milieu, les distilleries de Petit-Bourg et de Sainte-Rose, le cacao de Pointe-Noire, le marché de Petit-Bourg le vendredi, et les eaux chaudes de Ravine Chaude à Lamentin.
Pour le résident, c'est une région à pratiquer au fil des saisons : on achète son poisson et ses légumes au plus court, on emmène les enfants au cacao ou au rhum un jour de pluie, on grimpe en forêt quand le temps le permet, on se délasse aux bains chauds le dimanche. Pas besoin de tout faire d'un coup. Le Nord Basse-Terre récompense ceux qui reviennent.
Trois distilleries vivantes structurent la région : la Distillerie Montebello à Petit-Bourg, et à Sainte-Rose la Distillerie Reimonenq, qui abrite le Musée du Rhum, ainsi que le Domaine de Séverin et sa roue à eau. Chacune propose des visites et des dégustations, à consommer avec modération.
Le grand marché agricole, culinaire et artisanal « Jaden péyi Ti-Bou » a lieu chaque vendredi, en fin d'après-midi et en soirée. On y trouve les produits des agriculteurs locaux, des fruits et légumes aux spécialités créoles à emporter.
Oui. Sur les ports de pêche de Petit-Bourg et de Deshaies, les marins-pêcheurs vendent leur prise directement sur le quai. À Deshaies notamment, le poisson se vend au retour de mer, et le marchandage fait partie de l'usage. La dorade se pêche de novembre à avril, les poissons rouges à partir d'août.
La pluie est l'occasion idéale pour les visites couvertes : la Maison du Cacao à Pointe-Noire, les distilleries de Petit-Bourg et de Sainte-Rose, ou le Musée du Rhum. On peut aussi profiter des eaux chaudes de Ravine Chaude à Lamentin, agréables par tous les temps.
Tout à fait. La Maison du Cacao propose un parcours ombragé et pédagogique avec dégustations, les distilleries se visitent en famille, le marché de Petit-Bourg est un plaisir partagé, et de nombreux sentiers comme les chutes Moreau à Goyave restent accessibles aux marcheurs débutants.
À Lamentin, l'Espace thermo-ludique René-Toribio de Ravine Chaude est alimenté par une source thermale naturelle à 33 °C, riche en minéraux. Le site, perché à 110 mètres d'altitude dans la végétation tropicale, propose un bassin de détente et un bassin sportif, et a rouvert en 2025.