Que voir à Terre de Bas

À Terre-de-Bas, l’île sauvage et discrète des Saintes

Que voir Terre de Bas

Plus discrète que sa voisine, Terre-de-Bas est la plus authentique des Saintes : deux villages de pêcheurs blottis dans leurs anses, des ruines de poterie en bord de mer, une batterie face à la baie, des sentiers à travers la forêt, et le salako, ce chapeau saintois devenu emblème. Une île hors du temps.

Que voir à Terre de Bas

À Terre-de-Bas, l’île sauvage et discrète des Saintes

Plus discrète que sa voisine, Terre-de-Bas est la plus authentique des Saintes : deux villages de pêcheurs blottis dans leurs anses, des ruines de poterie en bord de mer, une batterie face à la baie, des sentiers à travers la forêt, et le salako, ce chapeau saintois devenu emblème. Une île hors du temps.

L’île tranquille de l’archipel

Terre-de-Bas est, avec Terre-de-Haut, l’une des deux seules îles habitées de l’archipel des Saintes. Plus à l’ouest — c’est la « terre sous-le-vent », qui doit son nom au langage maritime —, elle compte un peu plus de mille habitants pour une superficie pourtant plus vaste que sa célèbre voisine. La commune englobe aussi trois îlots inhabités, les Augustins, le Pâté et la Coche, dont le rocher de la Vierge sert d’amer aux navires à l’entrée sud de la baie des Saintes.

Contrairement à Terre-de-Haut, Terre-de-Bas a résisté au tourisme de masse : pas de complexes hôteliers, peu de monde, une nature préservée. C’est l’un des endroits les plus tranquilles des Antilles, où l’on vient chercher le calme, l’authenticité et des paysages de rêve. L’île se rejoint uniquement par bateau, depuis la Guadeloupe ou en quelques minutes depuis Terre-de-Haut ; on y débarque dans l’Anse des Mûriers, sous le regard des statues de la Vierge et de Neptune perchées de part et d’autre, et la protection de la batterie qui surplombe le port.

Deux villages de pêcheurs

La vie de Terre-de-Bas se concentre dans deux bourgs aux caractères distincts. À l’ouest, Petite-Anse, le centre administratif, est bâti dans une cuvette encerclée de mornes : on y trouve la mairie, la poste, les écoles, et l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, première église de l’île, entourée de son cimetière plein de poésie où certaines sépultures sont ornées de conques de lambi. Une rue en pente mène à la petite crique de Petite Anse, où mouillent les barques de pêcheurs et leurs nasses, beau poste pour admirer le coucher de soleil. On la visite avec respect, hors des offices.

À l’est, côté débarcadère, Grande-Anse est le second bourg, né après l’abolition de l’esclavage, lorsque les travailleurs libérés des poteries s’y établirent. Dans les deux villages, cases créoles aux façades vives, peintures murales et ruelles paisibles composent une atmosphère chaleureuse, profondément marquée par la mer et la pêche, qui restent au cœur de l’identité saintoise. Terre-de-Bas se revendique d’ailleurs comme « la plus chaleureuse des îles ».

La poterie Fidelin et la mémoire du sucre

Le grand témoin du passé de Terre-de-Bas se dresse à Grand Baie, en bord de mer : la poterie Fidelin, ou fabrique de Grande Baie. Fondée en 1760, classée monument historique, elle fut l’un des hauts lieux de l’artisanat potier qui fit la prospérité de l’île au XVIIIe siècle : on y fabriquait les pots à mélasse et les formes à sucre destinés aux habitations sucrières, et l’atelier employa jusqu’à cent cinquante personnes. Aujourd’hui, les ruines remarquablement conservées — vestiges des fours, du moulin, de la maison de maître —, que la végétation a partiellement reprises, offrent une visite évocatrice dans un cadre superbe.

Cette mémoire industrielle se double d’une mémoire militaire. À l’Anse des Mûriers, la batterie du Fer-à-Cheval, édifiée au XVIIIe siècle, faisait partie de la ligne de défense qui protégeait l’archipel des incursions anglaises venues de la Dominique. Longtemps à l’abandon, elle a été réhabilitée en 2019 : on y découvre un canon de bronze et, surtout, un panorama saisissant sur l’entrée du port et la baie. C’est ici, au large des Saintes, que se déroula en 1782 la fameuse bataille navale franco-anglaise qui marqua l’histoire de la région.

Plages, panoramas et salako

Terre-de-Bas ne manque pas de plages. À l’est, Grande Anse déroule sur près d’un kilomètre son sable doré et ses eaux claires ; Grand Baie, près de la poterie, est un beau spot de snorkeling. Mais la plus précieuse est sans doute l’Anse à Dos, crique sauvage nichée entre cocotiers, où quelques pêcheurs s’affairent encore : depuis le morne aménagé, le panorama embrasse l’océan et, au loin, la silhouette de la Soufrière. Toute l’île, d’ailleurs, est un belvédère : depuis les hauteurs, notamment près du château d’eau et sa table d’orientation, la vue porte sur Terre-de-Haut, le Pain de Sucre et l’archipel tout entier.

L’île cultive enfin un trésor culturel : le salako. Ce chapeau traditionnel, tressé à la main à partir de fines lamelles de bambou et tapissé de madras coloré, protégeait jadis les pêcheurs du soleil ; d’origine probablement asiatique, il est devenu l’emblème de Terre-de-Bas. À Petite-Anse, quelques artisans en perpétuent encore la fabrication, et l’on peut, sur demande, assister à leur travail. Entre pêche, poterie et salako, Terre-de-Bas garde vivant un patrimoine artisanal rare — reflet de l’âme saintoise.

Ce que garde Terre-de-Bas

| À voir | Ce que c’est |

|---|---|

| Petite-Anse | Bourg, mairie, église de l’Assomption ; crique |

| Grande-Anse | Village près du débarcadère ; longue plage |

| Poterie Fidelin | Fabrique 1760, classée MH ; ruines en bord de mer |

| Batterie du Fer-à-Cheval | Fort XVIIIe rénové 2019 ; canon, vue baie |

| Anse à Dos | Crique sauvage ; vue Soufrière, snorkeling |

| Le salako | Chapeau emblème ; artisanat à Petite-Anse |

Comment découvrir l’île

Terre-de-Bas se découvre à pied dans les bourgs, mais l’île est trop étendue pour tout faire à pied : on loue une voiturette électrique, un scooter ou un vélo, ou l’on prend un taxi pour rejoindre les sites. À contempler : les villages de Petite-Anse et Grande-Anse, l’église de l’Assomption, la poterie Fidelin, la batterie du Fer-à-Cheval, l’Anse à Dos et les panoramas des hauteurs. Abordez l’église et le cimetière avec respect. La page « ce qu’on peut y faire » détaille les randonnées, le snorkeling et la baignade ; la page « séjour » s’adresse à qui veut s’installer. Île sauvage et chaleureuse, Terre-de-Bas offre la face la plus secrète et la plus authentique des Saintes.