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Sur la terre ferme, la Guadeloupe n'a ni fauves ni grands troupeaux : sa faune est faite de discrétion et de surprises. Un grand lézard qui prend le soleil, un pic qui tambourine dans la forêt, un colibri suspendu devant une fleur, un crabe qui traverse la route après la pluie : voilà le vrai bestiaire de l'archipel. Apprenons à le reconnaître.

Les reptiles : l'iguane vedette et ses cousins

La star, c'est l'iguane des Petites Antilles (Iguana delicatissima), grand lézard vert-gris pouvant dépasser le mètre, endémique de la région et aujourd'hui menacé. Ses derniers bastions sont la réserve de Petite Terre et l'île de La Désirade, où on l'observe en train de lézarder. Son grand danger : l'iguane commun (vert, à rayures sur la queue), introduit, qui le concurrence et s'hybride avec lui — un cas d'école de la menace des espèces invasives.

Plus discrets : les anolis (petits lézards omniprésents, qui gonflent un fanon coloré sous la gorge), les mabouyas (geckos des maisons, chasseurs de moustiques), et le rarissime serpent couresse, endémique, totalement inoffensif, hélas décimé par la mangouste et au bord de l'extinction. À retenir : la Guadeloupe n'a pas de serpent venimeux (contrairement à la Martinique et son fer-de-lance).

Les oiseaux : du pic endémique au minuscule colibri

Le ciel guadeloupéen est un régal d'ornithologue. L'emblème est le pic de la Guadeloupe (Melanerpes herminieri), seul oiseau endémique de l'île, un pic au plumage sombre qui tambourine dans les forêts de Basse-Terre. Partout, le sucrier à ventre jaune (le « sikriyé »), petit passereau effronté, vient picorer jusque dans les assiettes des terrasses. Les colibris fascinent : le colibri madère et le colibri huppé (le « foufou ») butinent en vol stationnaire, ailes invisibles tant elles battent vite.

Sur les côtes et la mangrove : les frégates aux ailes en faux et au jabot rouge, les pélicans (« grand-gosier ») qui plongent en piqué, les hérons, aigrettes, sternes et le bel échasse. La Guadeloupe est aussi une étape pour de nombreux oiseaux migrateurs.

Les mammifères : discrets et souvent venus d'ailleurs

Côté mammifères, la nature insulaire impose sa loi : les seuls indigènes sont les chauves-souris (nombreuses espèces, précieuses pollinisatrices et mangeuses d'insectes). Les autres ont été introduits : le raton laveur (longtemps emblème du Parc national), le manicou (opossum, marsupial nocturne), l'agouti (petit rongeur des sous-bois), et les indésirables — rat, et surtout la mangouste, introduite contre les nuisibles et devenue elle-même un fléau pour la faune locale.

Les crabes, grenouilles et insectes

La petite faune réserve de belles rencontres. Le crabe de terre, qui vit dans des terriers et migre vers la mer pour pondre, est le héros du matété de Pâques (sa « chasse » est une tradition). Le soir venu, la forêt s'emplit du chant flûté de l'hylode, minuscule grenouille arboricole invisible mais omniprésente. Côté insectes : papillons multicolores, lucioles, et quelques bêtes à connaître — le scolopendre (gros mille-pattes à la morsure très douloureuse, à ne jamais manipuler) et les moustiques (vigilance anti-piqûres).

La faune terrestre en bref

AnimalÀ savoir
Iguane des Petites AntillesEndémique menacé ; Petite Terre, La Désirade
Pic de la GuadeloupeSeul oiseau endémique
Sucrier à ventre jauneLe petit effronté des terrasses
Colibris (madère, foufou)Vol stationnaire, butinent les fleurs
CouresseSerpent endémique inoffensif, très rare
Crabe de terreLe plat de Pâques (matété)
HylodeLa petite grenouille qui chante la nuit
MangousteIntroduite, envahissante, nuisible

Observer et cohabiter

  • On observe iguanes et oiseaux à distance ; on ne les nourrit pas (cela les rend dépendants et malades).
  • Le scolopendre : ne jamais le manipuler ; secouer chaussures et linge laissés dehors.
  • Le serpent couresse est inoffensif : si vous avez la chance d'en voir un, laissez-le tranquille.
  • On ne capture, ne déplace, ni ne ramène aucun animal : beaucoup sont protégés.
  • Anti-moustiques recommandé, surtout au crépuscule et près des eaux stagnantes.

Questions fréquentes

Y a-t-il des serpents dangereux ?

Non : le seul serpent, la couresse, est inoffensif et très rare. Pas de serpent venimeux en Guadeloupe.

Où voir des iguanes ?

À la réserve de Petite Terre et sur La Désirade, derniers refuges de l'iguane des Petites Antilles.

Quel est le seul oiseau endémique ?

Le pic de la Guadeloupe, présent surtout dans les forêts de Basse-Terre.

Qu'est-ce que ce petit oiseau qui vient sur ma table ?

Le sucrier à ventre jaune, passereau familier et gourmand de sucre et de fruits.

Quelle est cette grenouille qu'on entend la nuit ?

L'hylode, minuscule grenouille arboricole au chant flûté, invisible mais partout.

Le scolopendre est-il dangereux ?

Sa morsure est très douloureuse : on ne le manipule jamais et on secoue chaussures et vêtements laissés dehors.

Pourquoi la mangouste pose-t-elle problème ?

Introduite autrefois, elle s'attaque à la faune locale (dont la couresse) et est devenue envahissante.

Qu'est-ce que le crabe de terre ?

Un crabe terrestre vivant dans des terriers, traditionnellement chassé pour le matété de Pâques.

Y a-t-il de grands mammifères sauvages ?

Non : les seuls indigènes sont les chauves-souris ; les autres (raton laveur, manicou, agouti) sont introduits ou discrets.