Que voir à Lamentin

À Lamentin, la commune du lamantin entre mangrove et bourg

Que voir Lamentin

Lovée au fond du Grand Cul-de-Sac Marin, au nord de la Basse-Terre, Lamentin porte le nom d’un mammifère marin aujourd’hui disparu de l’île. Entre mangrove et îlets, champs de canne et bourg reconstruit par Ali Tur, c’est une commune rurale et paisible, côté jardin, à deux pas de l’agglomération.

Que voir à Lamentin

À Lamentin, la commune du lamantin entre mangrove et bourg

Lovée au fond du Grand Cul-de-Sac Marin, au nord de la Basse-Terre, Lamentin porte le nom d’un mammifère marin aujourd’hui disparu de l’île. Entre mangrove et îlets, champs de canne et bourg reconstruit par Ali Tur, c’est une commune rurale et paisible, côté jardin, à deux pas de l’agglomération.

La commune du lamantin

Le nom de Lamentin intrigue : il vient du lamantin, ce grand mammifère marin herbivore qui peuplait autrefois les eaux du Grand Cul-de-Sac Marin, à l’embouchure des rivières. Victime d’une chasse intensive, l’animal a disparu des Petites Antilles au début du XXe siècle, mais son nom est resté — hommage éternel à la biodiversité originelle de la région. Un projet de réintroduction a même été envisagé pour redonner vie à cette légende locale dans la mangrove voisine. Petit détail qui en dit long sur l’identité de la commune : en Guadeloupe, on dit « à Lamentin », sans article, à la différence du Lamentin martiniquais.

La commune s’étend sur la côte nord de la Basse-Terre, au fond de la baie du Lamentin, là où la rivière du même nom se jette dans le Grand Cul-de-Sac Marin. Fondée en 1720 dans une zone marécageuse, elle a longtemps vécu du café, du cacao, du coton puis de la canne à sucre. Aujourd’hui rurale et verdoyante, traversée de vallées et de ravines, elle se trouve pourtant à une quinzaine de kilomètres seulement de l’agglomération de Pointe-à-Pitre — une situation qui en fait, on le verra, un cadre de vie de plus en plus recherché.

La mangrove et les îlets

Le grand trésor naturel de Lamentin, c’est sa façade sur le Grand Cul-de-Sac Marin, vaste lagon protégé par la plus longue barrière de corail des Petites Antilles. La commune borde une mangrove dense, labyrinthe de palétuviers qui abrite crabes, oiseaux et poissons juvéniles — un écosystème vital, refuge d’une biodiversité remarquable. C’est l’un des plus beaux espaces naturels de la côte nord, à découvrir au fil de l’eau (voir notre page « ce qu’on peut y faire » pour les sorties en kayak et en bateau).

Trois îlets sont rattachés à la commune, posés sur le lagon. L’îlet Christophe, avec ses récifs coralliens et ses eaux claires, fait le bonheur des amateurs de snorkeling ; l’îlet Fajou, réserve naturelle protégée, est un sanctuaire pour les oiseaux et la flore du lagon ; et le célèbre îlet Caret, langue de sable blanc cernée d’eaux turquoise, est l’une des escales les plus prisées des sorties en mer. Ces îlets, entre sable, corail et oiseaux, incarnent à eux seuls la beauté du Grand Cul-de-Sac Marin.

Le bourg et l’empreinte d’Ali Tur

Comme beaucoup de communes guadeloupéennes, Lamentin a été durement frappée par le cyclone de 1928, qui détruisit son bourg. La reconstruction fut confiée à l’architecte Ali Tur, chargé de relever les édifices publics de toute la Guadeloupe : on lui doit, autour de la place du bourg, un ensemble cohérent et élégant comprenant l’église de la Sainte-Trinité, la mairie et le palais de justice. L’église de la Sainte-Trinité, classée au titre des monuments historiques, est le joyau de cet héritage : un bel exemple de l’architecture en béton armé des années 1930 qui a marqué l’île.

Le bourg, à taille humaine, s’organise autour de cette place et garde une ambiance paisible de commune rurale. On peut y compléter la visite par la médiathèque, lieu culturel actif, et par une flânerie qui dit le quotidien d’une petite ville antillaise. Abordez l’église avec discrétion, hors des offices. C’est un patrimoine modeste mais authentique, témoin de l’histoire de la commune et de cette génération d’architectes qui ont redessiné la Guadeloupe après la catastrophe.

La campagne, la canne et le port

Au-delà du bourg et du littoral, Lamentin est avant tout une commune de campagne. Ses vallées et ses ravines, ses champs de canne à sucre qui ondulent dans les terres, dessinent un paysage rural verdoyant, hérité d’une longue tradition agricole. La canne reste présente, même si l’ancienne usine sucrière de Grosse Montagne a fermé ses portes ; elle témoigne du passé sucrier qui a façonné la commune. Côté mer, le port de pêche de Blachon perpétue, lui, la vocation maritime, avec ses barques et ses pêcheurs.

Cette ruralité est aujourd’hui l’un des charmes de Lamentin : on y trouve encore des plantations, et la commune cultive un tourisme vert fait de balades dans la nature, à la découverte des vallées, des ravines et des traditions agricoles. La cascade de Bois Bananes et les hauteurs boisées, aux portes du massif, complètent ce visage nature. Entre mangrove, campagne et montagne, Lamentin offre, sur un petit territoire, un condensé de la Basse-Terre verte — à vivre plus qu’à visiter au pas de course.

Ce que garde Lamentin

| À voir | Ce que c’est |

|---|---|

| Grand Cul-de-Sac Marin | Mangrove et lagon ; biodiversité |

| Îlets | Christophe, Fajou (réserve), Caret (sable blanc) |

| Église Sainte-Trinité | Ali Tur, classée MH ; bourg reconstruit |

| Ravine Chaude | Source thermale ; voir Que faire |

| Campagne & canne | Vallées, ravines, champs de canne |

| Port de Blachon | Port de pêche ; vocation maritime |

Comment découvrir la commune

Lamentin se découvre en voiture, entre le bourg, le littoral du Grand Cul-de-Sac Marin et les hauteurs rurales. À contempler : la mangrove et le lagon, le bourg et son ensemble Ali Tur autour de l’église de la Sainte-Trinité, et la campagne cannière. Les îlets Christophe, Fajou et Caret, eux, se rejoignent par la mer, en sortie organisée. Abordez l’église avec discrétion. La page « ce qu’on peut y faire » détaille la source thermale de Ravine Chaude, le kayak en mangrove et les randonnées ; la page « séjour » s’adresse à qui envisage de s’y installer. Discrète et verte, à deux pas de la ville mais tournée vers la nature, Lamentin se savoure « côté jardin ».