Le secteur de Ravine Chaude n’est pas que l’affaire des bassins thermaux : c’est aussi une porte d’entrée vers la forêt domaniale du Lamentin et ses sentiers. Depuis le pont sur la rivière Bras de Sable, on s’enfonce à travers champs de cannes et d’ananas, puis dans une forêt tropicale humide, jusqu’à une cascade encore méconnue : celle de la rivière Bois Bananes, avec son bassin de baignade et son petit canyon. Cette page vous détaille l’itinéraire, ses variantes, sa flore, et surtout les précautions à connaître — car derrière une marche « sans difficulté » se cachent un balisage capricieux et un terrain glissant.
Forêt et sentiers de Ravine Chaude

Le point de départ : Ravine Chaude
Le départ des randonnées se situe à Ravine Chaude, près du pont sur la rivière Bras de Sable, juste avant l’intersection de cette dernière avec la Grande rivière à Goyaves. C’est le même secteur que l’espace thermoludique : on peut donc très bien enchaîner la marche en forêt et la détente dans les bassins, ce qui fait de Ravine Chaude un point d’ancrage idéal pour une journée nature. Le cadre est celui de la campagne lamentinoise : un paysage agricole vallonné qui laisse progressivement place à la forêt des hauteurs. C’est une Guadeloupe verte et authentique, loin des plages, où l’on croise plus de cultivateurs que de touristes. La randonnée la plus emblématique au départ d’ici mène à la cascade de Bois Bananes — c’est elle que décrit l’essentiel de cette fiche.
L’itinéraire vers la cascade de Bois Bananes
La randonnée vers la cascade de la rivière Bois Bananes est réputée « sans difficulté majeure », mais elle demande de l’attention. Elle se déroule en plusieurs séquences bien distinctes.
- À travers champs La première partie suit tranquillement une route d’exploitation à travers les champs de cannes à sucre, sur environ 1,4 km. On croise de belles touffes de bambous, notamment près du passage sur une petite ravine, et quelques parcelles d’ananas, de papayes, d’ignames et de manioc. C’est plat et facile, une mise en jambes agréable — même si, par endroits, on repère malheureusement des décharges sauvages, une réalité de terrain qu’il faut signaler.
- La forêt de Castra et la route forestière On entre ensuite dans la forêt de Castra, sur une route en terre, puis on rejoint la route forestière de Guyonneau, en tuf, que l’on suit sur environ 1,5 km. C’est la « voie royale », large et facile à suivre, qui traverse la forêt domaniale du Lamentin. Cette portion peut sembler un peu monotone, mais elle est sûre et bien tracée.
- Le sentier forestier et la cascade À un virage à angle droit, on quitte la route forestière pour un sentier forestier balisé en vert fluo. Après environ 600 m, on traverse un ruisseau où se cache un joli petit bassin, relativement profond, qui prend de belles couleurs bleutées au soleil — une première invitation à la baignade. Il reste ensuite un peu plus d’un kilomètre, dont une partie en forte pente, jusqu’aux abords de la rivière Bois Bananes. On la longe sans y entrer, et au bout du sentier, la cascade apparaît entre les arbres : une belle surprise.
La cascade et son cirque
La cascade de Bois Bananes est la récompense du parcours, et elle vaut le détour. Encore peu connue, elle se dévoile au fond d’un environnement qui forme une sorte de cirque végétal. Au pied de la chute, un beau bassin invite à la baignade, dans une eau fraîche et claire. En contrebas, la rivière Bois Bananes poursuit son chemin à travers un petit canyon — un décor sauvage et préservé. C’est l’un de ces lieux « cachés » que se transmettent les randonneurs guadeloupéens : peu fréquenté, naturel, loin des sites touristiques bondés. On peut s’y baigner, pique-niquer sur les rochers, et savourer le calme. Comme toujours en rivière, on reste prudent : on évalue la profondeur avant de plonger et on évite de se mettre sous la chute elle-même.
Le piège à connaître : balisage et terrain
C’est le point crucial de cette fiche. La randonnée est classée facile, mais deux écueils la compliquent en pratique, et plusieurs randonneurs s’y sont fait surprendre. Le balisage capricieux Le sentier final est balisé en vert fluo, mais ce balisage est inconstant : de nombreux marcheurs racontent avoir cherché en vain les marques vertes après la route forestière, certains ayant dû s’orienter à la boussole, voire faire demi-tour. Des rubalises sont parfois posées, mais elles peuvent indiquer plusieurs chemins différents — il faut donc bien vérifier qu’on suit le marquage vert. Le conseil des habitués : à la sortie du chemin en terre, prendre à gauche et remonter la route forestière, le vrai sentier forestier étant ensuite signalé par le vert fluo et la rubalise. Mieux vaut partir avec une trace GPS pour ne pas se perdre. Le terrain glissant Si la route forestière est facile, le sentier forestier devient nettement plus délicat, surtout après la pluie : sol argileux glissant, racines, cailloux humides, et une portion en forte pente. De bonnes chaussures de marche à l’accroche sérieuse sont indispensables. Et comme partout en forêt tropicale, le passage de cyclones a laissé des arbres en travers des chemins qu’il faut enjamber ou contourner. Bilan : c’est une randonnée accessible à condition d’être bien chaussé, de partir par temps sec et d’avoir un tracé fiable. Pour une première fois, on évite de s’y aventurer seul ou sans préparation.
Une forêt à observer
Au-delà de la cascade, la forêt domaniale du Lamentin est une belle leçon de nature tropicale. Le long du parcours, l’œil curieux découvre une flore variée :
- Le sandragon (Dracaena fragrans), dont la présence en bordure de sentier signale souvent une ancienne exploitation par l’homme.
- Des plantes originales comme l’Ischnosiphon arouma ou l’Anthurium palmatum, aux feuilles remarquables.
- Les grands arbres de la forêt humide, les fougères, les lianes et les épiphytes qui composent l’étagement végétal.
- Les bambous des premières sections, et la mosaïque agricole (canne, ananas, papaye, igname) qui rappelle la vocation nourricière de ces terres. La randonnée devient ainsi un parcours d’observation autant qu’une marche : on y lit le paysage, entre nature sauvage et empreinte agricole. C’est aussi l’occasion d’écouter la forêt — oiseaux, ruisseaux, bruissements — dans un calme rare.
Entre canne et forêt domaniale
Le parcours raconte, à sa façon, la géographie du Lamentin : celle d’une commune partagée entre l’agriculture des plaines et la forêt des hauteurs. La première moitié de la marche traverse le domaine de la canne à sucre, culture historique de la Guadeloupe, ponctuée de parcelles d’ananas et de cultures vivrières. Ces terres agricoles, encore bien vivantes, rappellent que le Lamentin est une commune rurale et nourricière. La seconde moitié entre dans la forêt domaniale du Lamentin, gérée par l’Office national des Forêts. Ces forêts publiques sont protégées et entretenues : les routes forestières (comme celle de Guyonneau) servent à leur gestion, et c’est grâce à elles que la randonnée est possible. On passe ainsi, en quelques kilomètres, d’un paysage façonné par l’homme à une nature plus sauvage — transition typique de la Basse-Terre, où la forêt humide couronne les reliefs au-dessus des terres cultivées. Cette diversité de milieux, condensée en une seule sortie, fait toute la richesse de la balade.
Respecter la forêt
Marcher en forêt domaniale implique quelques règles de bon sens, pour soi et pour le milieu. On reste sur les sentiers (s’écarter, c’est risquer de se perdre et d’abîmer la végétation), on ne cueille pas, on ne grave rien sur les arbres, et l’on ne dérange pas la faune. La baignade dans les bassins se fait sans savon ni produit, pour préserver la qualité de l’eau. Le point noir du secteur, ce sont les décharges sauvages rencontrées par endroits sur la partie agricole : un rappel désagréable que ces espaces souffrent encore d’incivilités. Le marcheur responsable fait l’inverse : il remporte l’intégralité de ses déchets, voire ramasse ce qu’il peut. Ces gestes simples, additionnés, font la différence pour garder ces sentiers agréables et ces rivières propres. Profiter de la forêt, c’est aussi en prendre soin.
Pour les marcheurs aguerris : les grandes boucles
Ravine Chaude est aussi le point de départ de randonnées bien plus engagées, pour qui cherche du défi. La plus connue relie Ravine Chaude, la rivière Homard et la forêt de Castra en une grande boucle d’environ 23,5 km, avec près de 930 m de dénivelé positif — un parcours difficile qui demande de 7 à 8 heures de marche et une bonne expérience. Ce n’est plus une balade familiale, mais une vraie immersion sportive en forêt domaniale. Entre la courte sortie vers la cascade et cette grande boucle, plusieurs variantes intermédiaires existent (boucles de 5 à 7 km par la forêt de Castra, par exemple, qui évitent la monotonie de la route forestière au retour). Le secteur offre donc un éventail de parcours adaptés à tous les niveaux — à condition de bien choisir son itinéraire à l’avance selon sa forme et son expérience.
Quand y aller
Le choix du moment fait beaucoup pour la réussite de la sortie. La saison sèche, de décembre à avril environ, offre les meilleures conditions : sentier moins glissant, rivières plus basses, terrain plus sûr. En saison des pluies, la prudence redouble — le sol argileux se transforme en patinoire et le niveau des cours d’eau peut grimper vite. Quelle que soit la saison, on consulte la météo du jour et des jours précédents avant de partir. L’heure compte aussi. Un départ matinal offre une forêt plus fraîche, une lumière douce qui filtre à travers la canopée, et la quasi-certitude de croiser peu de monde sur ce sentier déjà confidentiel. C’est le moment où la forêt est la plus vivante — chants d’oiseaux, ruissellements — et où la chaîur reste clémente. On a aussi tout le temps de profiter du bassin sans se presser, et de redescendre bien avant les averses fréquentes de fin de journée. Pour qui veut savourer la quiétude des lieux, c’est sans hésiter le matin qu’il faut venir.
En pratique
| Critère | À retenir |
|---|---|
| Départ | Ravine Chaude, près du pont sur la rivière Bras de Sable (Lamentin) |
| But principal | Cascade de la rivière Bois Bananes, son bassin et son petit canyon |
| Distance / durée | Environ 3h30 aller-retour + pause baignade (selon variante) |
| Parcours | Champs de cannes → forêt de Castra / route de Guyonneau → sentier forestier |
| Difficulté | Facile sur la route forestière ; sentier final glissant et balisage incertain |
| Balisage | Vert fluo + rubalise (inconstant) ; trace GPS fortement conseillée |
| Sécurité | Par temps sec ; bonnes chaussures ; arbres en travers possibles ; ne pas partir seul sans trace |
| Pour les sportifs | Grande boucle Rivière Homard / Forêt Castra (~23,5 km, ~930 m D+, difficile) |
Comment bien préparer sa sortie
Quelques repères pour partir serein vers la cascade de Bois Bananes :
- Une trace GPS : c’est l’équipement le plus utile ici, vu les incertitudes de balisage. Téléchargez un itinéraire fiable avant de partir.
- De bonnes chaussures de marche : indispensables pour le sentier glissant. Prévoyez aussi de quoi vous baigner (maillot, serviette).
- De l’eau et un en-cas : la marche est longue (plusieurs heures), et la pause à la cascade mérite un pique-nique.
- La météo : vérifiez-la impérativement. Par temps de pluie, le sentier devient périlleux et les rivières peuvent monter.
- Un départ matinal : pour avoir le temps, profiter de la fraîcheur et redescendre avant les averses de l’après-midi. Et bien sûr, le geste citoyen : on remporte tous ses déchets. Vu les décharges sauvages déjà présentes par endroits, chaque marcheur respectueux compte pour préserver ce beau secteur.
Note pour les visiteurs de passage
Si vous cherchez une randonnée nature loin des foules, le secteur de Ravine Chaude est une belle option — à condition de bien vous préparer. La cascade de Bois Bananes est une récompense superbe, mais le chemin pour y arriver réclame une trace GPS (le balisage est capricieux), de bonnes chaussures et du temps sec. Pour une première fois, évitez de partir seul. Le gros avantage du lieu : vous pouvez combiner la marche avec une détente dans les bassins thermaux de Ravine Chaude tout proches — effort le matin, récupération l’après-midi. Une belle façon de découvrir la Guadeloupe verte et authentique du nord Basse-Terre.
Questions fréquentes
Où part la randonnée ?
À Ravine Chaude, sur la commune du Lamentin, près du pont sur la rivière Bras de Sable — le même secteur que l’espace thermoludique.
Quelle est la randonnée principale ?
Celle qui mène à la cascade de la rivière Bois Bananes, via les champs de cannes, la forêt de Castra, la route forestière de Guyonneau et un sentier forestier. Comptez environ 3h30 aller-retour.
Est-ce une randonnée facile ?
Elle est globalement accessible, mais le sentier final est glissant et le balisage incertain. Une trace GPS, de bonnes chaussures et un départ par temps sec sont vivement conseillés.
Peut-on se baigner ?
Oui : un joli bassin se trouve sur un ruisseau en cours de route, et un autre au pied de la cascade de Bois Bananes. On reste prudent quant à la profondeur.
Y a-t-il des randonnées plus longues ?
Oui, notamment une grande boucle Ravine Chaude – Rivière Homard – Forêt Castra d’environ 23,5 km et 930 m de dénivelé, difficile et réservée aux marcheurs expérimentés.
Que faire à côté ?
Profiter des bassins thermaux de Ravine Chaude (espace thermoludique) pour se détendre après la marche — le site est sur le même secteur.

