À Terre-de-Bas, l’île discrète des Saintes, on s’émerveille tous les cent mètres. Mais s’il fallait ne retenir qu’un point de vue, ce serait le Belvédère : sa table d’orientation embrasse la baie des Saintes, et par temps clair le regard porte jusqu’à la Dominique et Marie-Galante. C’est, de l’avis de beaucoup, l’une des plus belles vues de tout l’archipel. Cette page vous emmène là-haut : ce que l’on voit, comment y monter, et ce que l’on découvre autour — à commencer par l’émouvante Poterie Fidelin, juste en contrebas.
Le Belvédère de Terre-de-Bas

La plus belle vue des Saintes
Le Belvédère de Terre-de-Bas est un lieu de détente et de loisirs aménagé en hauteur, sur la route qui mène vers Grande Anse. De là, la vue sur la baie des Saintes est tout simplement magnifique. C’est un de ces points de vue qui justifient à eux seuls le détour par Terre-de-Bas, et que les habitants comme les visiteurs avertis citent parmi les plus beaux de l’archipel. Le panorama est vaste et composé. Au premier plan, la mer des Caraïbes déroule ses bleus ; au loin, par beau temps, on distingue très nettement la Dominique et Marie-Galante, ces îles voisines que l’on croit souvent inaccessibles et qui se révèlent ici à portée de regard. C’est un spectacle qui surprend par son ampleur : depuis ce petit promontoire d’une île modeste, on embrasse un large morceau de l’arc antillais.
La table d’orientation
Ce qui fait la valeur du Belvédère, c’est sa table d’orientation. Grâce à elle, on ne se contente pas d’admirer : on identifie. On apprend à nommer ce que l’on voit, à distinguer les îles, les pointes et les reliefs qui composent l’horizon. C’est un outil précieux, surtout dans un archipel aussi morcelé que les Saintes, où chaque silhouette à l’horizon a un nom et une histoire. Depuis la table, au large, on distingue très distinctement le Pain de Sucre, fièrement dressé, au pied du « Chameau », le point culminant des Saintes — tous deux situés sur l’île voisine de Terre-de-Haut. On comprend alors la géographie de l’archipel d’un seul coup d’œil : les deux îles habitées qui se font face, les îlets inhabités dispersés, et la grande baie qui les relie. Prenez le temps de vous attarder à la table : c’est elle qui transforme un beau panorama en une véritable lecture du paysage.
En pratique
| Critère | À retenir |
|---|---|
| Le lieu | Belvédère aménagé avec table d’orientation, sur la route vers Grande Anse |
| La vue | Baie des Saintes ; par temps clair, la Dominique et Marie-Galante ; Pain de Sucre |
| Accès | À pied par les Traces, en voiturette/vélo, ou en bus local sur la D213 |
| À côté | Poterie Fidelin (monument historique), Grande Baie (tortues, snorkeling) |
| Autres vues | Morne à Coq (50 m), falaises de Grande Baie, point de vue du Château d’eau |
| Effort | Nul au belvédère même ; modéré si l’on y vient par une Trace |
| Quand | Par temps clair pour la vue lointaine ; lumière douce le matin ou en fin de jour |
| À emporter | Eau, chapeau, appareil photo ; bonnes chaussures si accès par les Traces |
Comment monter au Belvédère
Le Belvédère se trouve sur la route départementale qui traverse l’île (la D213), entre les bourgs de Petites-Anses et de Grande Anse. Plusieurs façons d’y accéder, selon votre forme et votre temps :
- À pied : le Belvédère est sur le tracé de plusieurs Traces de randonnée ; on peut le rejoindre à la marche depuis les bourgs, en profitant des panoramas tout au long du chemin.
- En voiturette électrique ou à vélo : c’est le moyen le plus souple pour sillonner l’île et s’arrêter aux points de vue. Attention, les routes sont étroites et sinueuses : roulez prudemment et négociez bien les virages.
- En bus local : un service permet de se déplacer sur la D213, pratique pour qui ne veut ni marcher ni conduire. À noter : Terre-de-Bas est une petite île où les moyens de transport restent limités. Mieux vaut se renseigner sur place, au débarcadère ou au bourg, sur les options du jour. Si vous montez par la route en voiturette, sachez que certaines pentes de l’île sont raides ; prudence et patience sont de mise.
Juste en contrebas : la Poterie Fidelin
Le Belvédère ne se visite pas seul : il forme un ensemble avec la Poterie Fidelin, que l’on aperçoit d’en haut et que l’on peut rejoindre. C’est l’un des sites les plus émouvants de Terre-de-Bas. En descendant la route vers Petites-Anses, on a même, depuis certains points, une vue plongeante sur la poterie et sur Grande Baie — et, avec un peu de patience, on aperçoit des tortues qui sortent la tête de l’eau pour respirer. La Poterie Fidelin, aussi appelée « fabrique de Grande Baie », est une ancienne fabrique de poterie installée en bordure de mer, classée au titre des monuments historiques depuis le 15 décembre 1997. Sa création est attribuée à Jean-Pierre Fidelin, peu après 1760 ; les Fidelin sont l’une des plus anciennes familles créoles de la Guadeloupe. L’ensemble des bâtiments s’étend sur plus de deux hectares, et l’on y voit encore les murs en élévation de la poterie, la masse de deux fours, une citerne et les vestiges d’un moulin à bête.
Une mémoire du sucre et de l’esclavage
La Poterie Fidelin n’est pas un simple tas de vieilles pierres : c’est un témoin de l’histoire sucrière et servile de la Guadeloupe. On y fabriquait essentiellement des « formes à sucre » et leurs pots à mélasse, ces récipients en terre cuite indispensables à la cristallisation et à l’affinage du sucre. La demande était énorme : chaque sucrerie en possédait plus de deux mille, et la casse en imposait un renouvellement constant. La terre, elle, était amenée de Terre-de-Haut par bateau, puis travaillée sur place. Et c’est ici que l’histoire devient grave : ce travail était celui d’esclaves. L’habitation en comptait 121 en 1811, et jusqu’à 130 en 1837 — potiers, mais aussi transporteurs, bûcherons, hommes alimentant les fours ou battant la terre. L’activité dura environ un siècle, de 1760 à 1860, et déclina après l’abolition de 1848 avant de se réorienter vers le bois d’Inde. Visiter ce lieu, c’est donc se souvenir : derrière la beauté du site et la douceur de la baie, il y a le labeur de femmes et d’hommes asservis, dont le travail a fait la prospérité sucrière de l’île. Le panorama du Belvédère prend, à cette lumière, une profondeur particulière.
Descendre vers Grande Baie
Après le Belvédère et la poterie, la suite logique de la balade mène à la mer : la plage de Grande Baie, aux eaux turquoise, s’étend juste en contrebas du site Fidelin. C’est un spot très apprécié à la fois pour le farniente et pour le snorkeling, et il prolonge idéalement la découverte du point de vue. L’eau y est claire et la faune sous-marine généreuse. En longeant les rochers qui bordent le flanc de la plage, on observe de merveilleux poissons — diodons, poissons-perroquets, seiches et autres espèces tropicales. Et puis il y a les tortues marines, que l’on aperçoit régulièrement venir respirer en surface : un moment toujours émouvant, à vivre dans le respect de l’animal, sans le poursuivre ni le toucher. Entre le panorama d’en haut, la mémoire de la poterie et la baignade dans la baie, on tient là une demi-journée complète et variée, résumant à elle seule tout le charme de Terre-de-Bas.
Les autres points de vue de l’île
Le Belvédère est le plus célèbre, mais Terre-de-Bas est une île à panoramas. Si vous aimez les points de vue, plusieurs autres méritent le détour :
- Le Morne à Coq (environ 50 m), accessible par la Trace des Falaises : une vue époustouflante sur Grand Îlet, la Dominique, Marie-Galante et le sud de Terre-de-Haut.
- Les falaises de Grande Baie : la Trace y longe le littoral, avec une vue magnifique sur la baie et, au loin, la Poterie Fidelin ; on y entend parfois les pélicans.
- Le point de vue du Château d’eau, près de la citerne : un panorama superbe sur Terre-de-Haut et l’archipel (montée raide en voiturette, prudence).
- Le Morne Sec, sur la Trace du Pied de l’Étang : ascension progressive offrant de beaux points de vue sur Grande Anse et la baie des Saintes. Tous ces points de vue partagent un même décor : une végétation sèche et aromatique, parsemée de bois d’Inde, et un horizon constellé d’îles. C’est l’identité de Terre-de-Bas : une île où la moindre hauteur se transforme en balcon sur la mer des Caraïbes.
Terre-de-Bas, l’île agricole des Saintes
Pour apprécier pleinement le Belvédère, il faut connaître un peu Terre-de-Bas. Contrairement à Terre-de-Haut, tournée vers la pêche, Terre-de-Bas fut historiquement plus agricole : on y a cultivé le café, le cacao et le bois d’Inde. Cet arbre aromatique, emblématique de l’île, donne des feuilles et des graines utilisées comme épice dans la cuisine créole — son parfum imprègne les sentiers. L’île compte un peu plus de mille habitants et garde une atmosphère paisible, faite de douceur de vivre et d’authenticité. Fait méconnu : Terre-de-Bas, à l’origine plus peuplée que sa voisine, fut le chef de canton au moment de la séparation administrative des deux Saintes. L’île porte aussi la mémoire d’épreuves : le 21 novembre 2004, un puissant séisme a causé de sérieux dommages et marqué durablement la population. Connaître cette histoire, c’est regarder le panorama du Belvédère avec d’autres yeux : celui d’une île qui a traversé le temps et les épreuves sans rien perdre de sa beauté.
Le bois d’Inde, parfum de l’île
Impossible de parler des points de vue de Terre-de-Bas sans évoquer le bois d’Inde, l’arbre qui accompagne chacune des Traces menant aux belvédères. Cet arbre aromatique, emblématique de l’île, parfume l’air de ses senteurs poivrées ; on reconnaît facilement son écorce lisse qui se détache par plaques. Ses feuilles et ses graines sont utilisées comme épice dans la cuisine créole, et entraient autrefois dans une petite production locale. Marcher vers le Belvédère ou le Morne à Coq, c’est donc cheminer dans une forêt sèche odorante, entre bois d’Inde, gommiers et autres essences, en croisant parfois quelques cabris en liberté. Cette ambiance végétale fait partie intégrante de l’expérience : le panorama au sommet n’est que la récompense finale d’une montée déjà riche en sensations. C’est l’un des plaisirs discrets de Terre-de-Bas — une île qui se mérite à pied, et se savoure avec tous les sens.
Note pour les visiteurs de passage
Si vous venez à Terre-de-Bas, le Belvédère est un passage obligé : c’est le plus beau balcon de l’île, avec sa table d’orientation pour nommer les îles à l’horizon — la Dominique et Marie-Galante par temps clair, le Pain de Sucre de Terre-de-Haut au loin. Montez-y à pied par une Trace si vous aimez marcher, ou en voiturette en roulant prudemment sur les routes étroites. Combinez la visite avec la Poterie Fidelin juste en contrebas (un monument historique chargé de mémoire) et la plage de Grande Baie pour le snorkeling et les tortues. Emportez de l’eau, un chapeau et votre appareil photo, et choisissez un jour dégagé pour profiter de la vue lointaine. Vous comprendrez alors pourquoi tant de visiteurs repartent de cette île discrète avec le sentiment d’avoir découvert un secret bien gardé.
Questions fréquentes
Où se trouve le Belvédère de Terre-de-Bas ?
Sur la route départementale (D213) qui traverse l’île, entre Petites-Anses et Grande Anse. C’est un espace aménagé avec une table d’orientation.
Que voit-on depuis le Belvédère ?
La baie des Saintes, et par temps clair la Dominique et Marie-Galante. La table d’orientation aide à identifier les îles, dont le Pain de Sucre et le Chameau, sur Terre-de-Haut.
Comment y accéder ?
À pied par les Traces de randonnée, en voiturette électrique ou à vélo, ou en bus local. Les routes sont étroites et parfois raides : prudence.
Y a-t-il quelque chose à voir à proximité ?
Oui : la Poterie Fidelin, monument historique classé (1997), en contrebas vers Grande Baie, et la plage de Grande Baie, réputée pour le snorkeling et l’observation des tortues.
Quand est-ce le meilleur moment ?
Par temps clair, pour profiter de la vue lointaine sur la Dominique et Marie-Galante. La lumière du matin ou de fin de journée est la plus belle pour les photos.
Le Belvédère est-il accessible à tous ?
Le belvédère lui-même ne demande aucun effort une fois sur place. Seul l’accès par les Traces, à pied, demande un minimum de condition physique et de bonnes chaussures.

