mer-sainte-anne-guadeloupe.webp

Il y a deux façons de regarder la Riviera. Du rivage, c'est une succession de lagons turquoise. Mais retournez-vous, mettez le cap au large, et la côte devient une rampe de lancement vers tout ce que la Guadeloupe fait de plus beau en mer. Voile, plongée, sorties vers les îlets, journée à la Petite-Terre : sur cette façade balnéaire du Gosier à Saint-François, la mer n'est pas un décor, c'est un terrain de jeu permanent. Deux marinas, une base nautique, des lagons protégés par la barrière de corail et des réserves naturelles à portée de coque : peu de côtes des Antilles offrent une telle densité d'accès à l'eau. Pour le résident, c'est une chance qu'on a parfois tendance à oublier. Voici de quoi la remettre au programme.

À découvrir
Marina de Bas-du-Fort

La Marina Bas-du-Fort, située aux coordonnées GPS 16°13'14.5"N 61°31'47.0"W, est l’une des plus grandes et des plus animées marinas de la région. Bien...

Marina de Saint-François

La marina de Saint-François, situé sur la côte est de Grande-Terre, est l'un des ports de plaisance les plus populaires de la Guadeloupe. Ce port vibr...

Base nautique de Sainte-Anne

Imaginez un lagon turquoise, plat comme un miroir, fermé au large par une barrière de corail qui casse les vagues : c'est le terrain de jeu de la base...

Voir carte

Deux marinas, deux portes sur la mer

La mer de la Riviera s'organise autour de deux ports de plaisance qui ouvrent sur deux mondes différents. À l'ouest, la Marina de Bas-du-Fort, entre Le Gosier et Pointe-à-Pitre, est l'une des plus grandes des Petites Antilles, capable d'accueillir plus de mille bateaux sur ses pontons. C'est la base de départ vers le Petit et le Grand Cul-de-Sac Marin, l'îlet Caret et la mangrove, dans des eaux abritées et peu profondes idéales pour la baignade.

À l'est, la Marina de Saint-François regarde l'Atlantique, la Petite-Terre et la Désirade. Les sorties y prennent un caractère plus aventureux, vers la réserve naturelle et ses iguanes, vers les fonds de la côte atlantique réputés pour la plongée. Pour le résident, choisir sa marina, c'est choisir sa mer : les eaux calmes et les îlets accessibles côté Bas-du-Fort, le grand large et la réserve côté Saint-François. Les deux sont à portée de week-end, et il serait dommage de n'en fréquenter qu'une.

Cette complémentarité est précieuse, car elle permet d'avoir toujours une option selon la météo et l'envie du jour. Mer agitée et alizés soutenus ? On bascule sur les eaux abritées de Bas-du-Fort. Envie de grand large et d'aventure ? On part de Saint-François vers la réserve. Plutôt que de voir deux ports concurrents, le résident avisé les considère comme les deux faces d'une même chance : celle d'habiter une côte qui ouvre simultanément sur la mer intérieure paisible et sur l'Atlantique sauvage.

La Petite-Terre, le joyau au départ de Saint-François

S'il fallait ne retenir qu'une sortie, beaucoup citeraient la Petite-Terre. Depuis Saint-François, une cinquantaine de minutes de navigation suffisent pour rejoindre cette réserve naturelle composée de deux îlets, classée depuis la fin des années 1990. Sur place, c'est un autre monde : des milliers d'iguanes des Petites Antilles, une espèce dont la réserve abrite une part considérable de la population mondiale, et un lagon translucide où l'on croise poissons, raies, parfois des requins-citrons inoffensifs au fond du chenal.

C'est une merveille, mais une merveille protégée, et c'est important de le dire en résident honnête. L'accès est strictement contingenté : seuls quelques bateaux et un nombre limité de visiteurs sont autorisés à débarquer chaque jour, ce qui passe forcément par un prestataire agréé. En haute saison, les places partent vite et il faut réserver à l'avance. L'astuce, quand on vit ici, c'est de viser la semaine et la basse saison : on profite alors du même lagon, du même spectacle, avec beaucoup moins de monde. C'est le luxe de ne pas être pressé par un calendrier de vacances.

Voile et lagons : l'école de Sainte-Anne

Entre la grande plaisance des marinas et les excursions à la journée, Sainte-Anne tient la note accessible avec sa base nautique régionale, installée à l'entrée de la plage du bourg. Depuis une quarantaine d'années, elle initie tous les âges à la mer : voile traditionnelle, planche à voile, wingfoil, kayak, stand-up paddle, Optimist pour les enfants. C'est l'option idéale quand on veut naviguer sans bateau ni excursion, simplement en louant un paddle à l'heure pour tourner dans le lagon.

Et quel lagon. Celui de Sainte-Anne, protégé par la barrière de corail, est l'un des plus beaux de la Grande-Terre : eaux tièdes, peu profondes, parfaites pour apprendre à barrer, pour pagayer en famille ou pour s'essayer à la voile en toute sécurité. Pour le résident, la base nautique est le sas d'entrée vers la mer : on y prend confiance, on y inscrit les enfants l'été, on y revient ensuite par habitude. C'est la mer à hauteur d'enfant et à portée de main.

Plonger sur la Riviera

Sous la surface, la Riviera réserve de belles plongées, surtout côté Saint-François et la côte atlantique. Les clubs proposent toute la gamme : baptême pour les débutants, exploration accessible dès le premier niveau, formations jusqu'à l'autonomie, et randonnée palmée pour découvrir la barrière de corail en simple masque-tuba. Les spots vont de la côte proche aux abords de la Petite-Terre, de la Pointe des Châteaux à la Désirade, avec une vie sous-marine généreuse.

Pour le résident, la plongée a un avantage décisif : c'est une activité de mer qui dépend peu des sargasses, parfois présentes en surface sur la côte est, puisque l'intérêt est sous l'eau. Le baptême, souvent proposé l'après-midi, est une excellente porte d'entrée, et la randonnée palmée permet d'emmener toute la famille, y compris ceux qui ne plongent pas. Vivre sur la Riviera, c'est pouvoir s'offrir une exploration un dimanche sans organisation lourde, simplement parce que le club est à dix minutes.

Sorties îlets et excursions à la journée

Au-delà de la Petite-Terre, la mer de la Riviera ouvre sur un chapelet de sorties. Depuis Bas-du-Fort, le catamaran à la journée file vers le Grand Cul-de-Sac Marin, ses fonds blancs, la mangrove et l'îlet Caret; certaines navigations poussent même jusqu'aux Saintes. Depuis Saint-François, on rayonne vers la Désirade et les fonds atlantiques. Voilier avec skipper, catamaran, semi-rigide rapide : à chacun son rythme et son budget.

Ces excursions, souvent avec repas créole et baignade, sont parfaites pour faire découvrir la mer guadeloupéenne à des proches en visite. En tant que résident, on peut aussi les jouer en version courte ou en demi-journée, et surtout les caler en semaine pour éviter la foule. Le bon réflexe reste de comparer les formules et de réserver à l'avance pour les sorties les plus demandées, Petite-Terre toujours en tête.

Côté budget, soyons clairs : une journée en mer avec repas a un coût, qui se multiplie vite pour une famille. Mais la gamme est suffisamment large pour s'adapter à toutes les bourses, de la demi-journée en semi-rigide à la grande sortie catamaran. Et pour qui vit ici, l'arbitrage est différent du touriste de passage : on peut se réserver une belle excursion deux ou trois fois dans l'année et, le reste du temps, profiter gratuitement du lagon depuis la plage ou pour quelques euros depuis la base nautique de Sainte-Anne. La mer de la Riviera se vit aussi sans dépenser, et c'est l'un de ses plus beaux atouts.

Le wingfoil et les sports de glisse, la côte au vent

La côte est de la Riviera, exposée aux alizés, est un terrain de jeu pour les amateurs de glisse. À Sainte-Anne comme à Saint-François, le vent régulier fait le bonheur des planchistes, des wingfoileurs et des kitesurfeurs, et la base nautique de Sainte-Anne propose justement l'apprentissage de la planche à voile et du wingfoil. Là où une mer agitée peut décourager une sortie tranquille, elle devient un atout pour qui cherche la sensation.

Pour le résident sportif, c'est une discipline qui se pratique régulièrement, à deux pas de chez soi, et qui transforme une contrainte météo en opportunité. Le vent qui gêne le baigneur fait planer le rider. C'est aussi une belle façon d'entrer dans la communauté des passionnés de la côte, soudée autour des spots et de la base nautique. La mer de la Riviera n'est pas qu'une mer de farniente : c'est aussi une mer de sport, vive et exigeante, pour qui veut s'y frotter.

Et la glisse a un atout supplémentaire : on peut s'y initier à tout âge à la base nautique de Sainte-Anne, qui encadre les débuts dans des conditions sécurisées avant de lâcher les pratiquants sur les spots. Le résident peut ainsi progresser à son rythme, sans investissement immédiat en matériel, et faire de la mer au vent un loisir durable. C'est une corde de plus à l'arc d'une côte décidément complète.

Composer ses journées en mer selon le vent

Vivre la mer de la Riviera, c'est apprendre à composer avec les éléments. Côté Bas-du-Fort, les eaux abritées du Cul-de-Sac Marin sont calmes presque en toute saison. Côté Saint-François et la côte est, le vent et la houle d'alizés sont plus présents, ce qui fait le bonheur des amateurs de planche et de wingfoil mais peut compliquer une sortie tranquille. Quelques épisodes de sargasses touchent par ailleurs la côte est de façon imprévisible, surtout en surface et sur le rivage.

Le résident a l'avantage de pouvoir s'adapter. Mer plate et lagon calme : direction Bas-du-Fort ou le lagon de Sainte-Anne. Envie de sensations dans le vent : la côte de Saint-François. Sargasses sur une plage : on embarque, on plonge, ou l'on change de secteur. La mer de la Riviera est assez vaste et assez variée pour qu'il y ait presque toujours, quelque part, un plan d'eau parfait au programme.

L'essentiel

La mer est l'âme de la Riviera, et elle s'organise autour de deux marinas aux mers complémentaires : Bas-du-Fort vers le Grand Cul-de-Sac Marin, l'îlet Caret et la mangrove; Saint-François vers la Petite-Terre, la Désirade et les fonds atlantiques. La base nautique de Sainte-Anne offre la mer accessible, voile et paddle dans un lagon superbe, sans bateau ni excursion. La plongée, peu sensible aux sargasses, se pratique toute l'année avec baptêmes et randonnées palmées. La Petite-Terre reste le joyau, à condition de réserver et, idéalement, de viser la semaine et la basse saison. Et toujours, le bon réflexe de résident : choisir son secteur selon le vent et les sargasses, car il y a presque toujours un plan d'eau parfait quelque part.

Questions fréquentes

Comment se rendre à la Petite-Terre depuis la Riviera ?

Les excursions partent de Saint-François, à une cinquantaine de minutes de navigation. L'accès à la réserve étant strictement contingenté, on passe obligatoirement par un prestataire agréé. Seuls quelques bateaux et un nombre limité de visiteurs débarquent chaque jour, il faut donc réserver, surtout en haute saison.

Peut-on faire de la mer sans bateau ni excursion ?

Oui, grâce à la base nautique de Sainte-Anne, à l'entrée de la plage du bourg. Elle loue paddles, kayaks et planches à voile et propose des cours de voile pour tous les âges dans le lagon protégé. C'est la façon la plus simple et la plus économique de naviguer sur la Riviera.

Quelle marina pour quelle sortie en mer ?

Bas-du-Fort, entre Le Gosier et Pointe-à-Pitre, dessert le Grand Cul-de-Sac Marin, l'îlet Caret et la mangrove dans des eaux calmes. Saint-François ouvre sur la Petite-Terre, la Désirade et les fonds atlantiques, dans une mer plus exposée. Choisissez selon la destination souhaitée et le type de mer recherché.

La plongée est-elle accessible aux débutants ?

Tout à fait. Les clubs, surtout côté Saint-François, proposent des baptêmes sécurisés, souvent l'après-midi, ainsi que des explorations dès le premier niveau et des randonnées palmées en masque-tuba accessibles à tous. C'est une excellente première approche du monde sous-marin, et la plongée dépend peu des sargasses.

Les sargasses empêchent-elles les activités en mer ?

Elles touchent surtout le rivage et la surface de certaines plages exposées de la côte est, de façon imprévisible. Les sorties en bateau et la plongée, dont l'intérêt est au large ou sous l'eau, sont peu concernées. Côté Bas-du-Fort et dans le Cul-de-Sac Marin, les eaux abritées sont généralement épargnées.

Quand sortir en mer pour éviter la foule ?

En semaine et en basse saison. Les sorties les plus courues, Petite-Terre en tête, se remplissent vite en haute saison et le week-end. En tant que résident, vous avez le privilège de choisir un créneau calme, où vous profiterez des mêmes lagons avec beaucoup moins de monde.