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Aile occidentale de la Guadeloupe « papillon », la Basse-Terre est tout l'inverse de sa voisine la Grande-Terre : ici règnent le volcan de la Soufrière, la forêt tropicale du Parc national, les rivières, les cascades et une côte tantôt de sable doré, tantôt de sable noir volcanique. Les villes y sont plus dispersées, blotties entre mer et montagne, et chacune cultive une identité forte — préfecture chargée d'histoire, village de cinéma, terre de rhum et de mangrove, capitale de la plongée, ou balcon tourné vers les Saintes. Pour le visiteur en quête de nature et d'authenticité comme pour le résident qui veut explorer son île, la Basse-Terre offre une Guadeloupe plus secrète, plus verte et profondément attachante. Cette page propose une vue d'ensemble des villes à ne pas manquer sur la Basse-Terre, leurs ambiances et leurs sites phares, avec les conseils pour organiser votre séjour. Chaque ville renvoie à sa page dédiée, plus complète ; l'objectif est ici de vous aider à choisir vos étapes selon vos envies.

Basse-Terre, la préfecture au pied du volcan

Souvent éclipsée par les plages du reste de l'archipel, la ville de Basse-Terre est pourtant la préfecture de la Guadeloupe — un statut que beaucoup attribuent à tort à Pointe-à-Pitre. Avec 11 049 habitants au recensement de 2022 (INSEE), c'est une cité à taille humaine, nichée entre la mer des Caraïbes et la silhouette imposante de la Soufrière, qui la domine de ses 1 467 mètres.

Son site le plus marquant est le Fort Delgrès, l'ancien Fort Saint-Charles rebaptisé en hommage à Louis Delgrès, l'officier qui prit la tête de la résistance au rétablissement de l'esclavage en mai 1802, avant de périr avec ses compagnons au Matouba. Classé Monument historique et d'accès libre, il offre une plongée dans l'histoire et une vue magnifique sur la rade. La ville abrite aussi la véritable cathédrale du diocèse, Notre-Dame-de-Guadeloupe — et non l'église « de fer » de Pointe-à-Pitre, souvent confondue. En flânant dans le centre, on repère plusieurs bâtiments reconstruits après le cyclone de 1928 par l'architecte Ali Tur, aux lignes modernes en béton armé, témoins d'un patrimoine du XXe siècle méconnu. Basse-Terre est enfin la base de départ idéale pour gravir la Soufrière et rejoindre les Chutes du Carbet. Le détail figure dans la page dédiée à Basse-Terre.

Deshaies, le village de cinéma

Sur la côte nord-ouest, Deshaies est un ancien village de pêcheurs devenu célèbre dans le monde entier comme décor de la série britannique « Meurtres au paradis », tournée ici depuis 2011 : le presbytère du bourg y tient le rôle du commissariat fictif de l'île de Saint-Marie. Mais bien avant les caméras, Deshaies possédait déjà deux atouts majeurs.

Le premier est la plage de Grande Anse, vaste ruban de sable doré bordé de cocotiers et fermé par des mornes verdoyants, l'une des plus belles de Guadeloupe, que l'on peut rejoindre à pied par un sentier du littoral d'environ une heure et demie. Le second est le Jardin botanique de Deshaies, qui réserve une anecdote savoureuse : ce parc floral de sept hectares occupe l'ancienne propriété de l'humoriste Coluche, qui avait acheté le terrain en 1979 ; après sa disparition, son ami paysagiste Michel Gaillard le transforma en jardin tropical aux volières d'aras et à la cascade. Entre cinéma, baignade et nature, Deshaies concentre quelques-uns des décors les plus photogéniques de l'île. La page dédiée à Deshaies en détaille tous les sites.

Sainte-Rose, entre mangrove et distilleries

Deuxième plus vaste commune de la Guadeloupe, Sainte-Rose s'étire sur la côte nord, coincée entre la mer et les premiers reliefs de la forêt. Au large s'ouvre le Grand Cul-de-Sac Marin, immense lagune d'environ 15 000 hectares classée Réserve de biosphère par l'UNESCO, protégée par une longue barrière de corail et bordée d'une mangrove parmi les plus vastes des Petites Antilles. On y navigue en bateau ou en kayak depuis le port pour rejoindre des îlets de sable blanc comme le célèbre îlet Caret.

La commune cultive aussi la mémoire et le rhum. C'est non loin d'ici, à la Pointe Allègre, que débarquèrent en 1635 les premiers colons français. Sur les hauteurs, la source sulfureuse de Sofaïa, apparue vraisemblablement lors du tremblement de terre de 1843, alimente des douches publiques d'eau soufrée tiède, à environ 31 degrés, réputées relaxantes. Terre de canne, Sainte-Rose perpétue la tradition rhumière avec le Domaine de Séverin, belle habitation créole à la roue à aubes et à l'élevage de ouassous, et la distillerie Reimonenq, en activité, qui abrite le Musée du Rhum. Tout est décrit dans la page dédiée à Sainte-Rose.

Bouillante, la côte sous-le-vent et la Réserve Cousteau

Sur la côte sous-le-vent, Bouillante doit son nom à ses sources chaudes — et sa renommée mondiale à la Réserve Cousteau, l'un des plus beaux sites de plongée des Caraïbes. Au large de la plage de Malendure, au sable noir volcanique, les îlets Pigeon protègent des fonds d'une richesse exceptionnelle. L'histoire remonte à la fin de l'année 1959 : venu tester sa soucoupe plongeante, le commandant Cousteau découvrit ces eaux et en demanda la protection. En 2004, la commune a immergé un buste de bronze à son effigie par douze mètres de fond, sur le site du « Jardin de Corail », devenu un classique des plongeurs.

Fidèle à son nom, Bouillante exploite aussi la chaleur de la terre : la commune abrite la centrale géothermique de Bouillante, qui produit de l'électricité à partir de la vapeur du sous-sol volcanique, une singularité dans l'outre-mer français. On peut même se baigner dans des sources d'eau chaude naturelles, là où l'eau brûlante rencontre la mer. La page dédiée à Bouillante détaille tous ces sites.

Trois-Rivières, le balcon tourné vers les Saintes

À la pointe sud de la Basse-Terre, Trois-Rivières veille sur le canal des Saintes, qu'elle domine de ses jardins et de ses points de vue. C'est l'un des embarcadères pour rejoindre l'archipel des Saintes en quelques minutes de traversée. Mais son trésor est ailleurs : le Parc archéologique des Roches Gravées, classé Monument historique depuis 1974, rassemble plus de deux cents pétroglyphes amérindiens gravés sur la roche entre le IIIe et le VIIIe siècle de notre ère par les premiers habitants de l'île, dans un jardin botanique luxuriant. C'est l'un des plus importants ensembles d'art rupestre des Petites Antilles, un voyage saisissant aux origines précolombiennes de la Guadeloupe. La page dédiée à Trois-Rivières en dit plus.

Et aussi : Capesterre-Belle-Eau, la Côte-sous-le-vent et le centre

La Basse-Terre ne se résume pas à ces cinq villes. Capesterre-Belle-Eau, sur la côte au vent, abrite les majestueuses Chutes du Carbet — parmi les cascades les plus hautes des Petites Antilles —, la superbe allée Dumanoir bordée de palmiers royaux, et le temple de Changy, le plus grand temple hindou de Guadeloupe, héritage de l'immigration indienne. Plus au nord, Petit-Bourg et Goyave ouvrent sur la forêt et les cascades. Sur la Côte-sous-le-vent, Pointe-Noire est réputée pour son artisanat du bois, et Vieux-Habitants pour son café et ses plages de sable noir. Autant d'étapes qui prolongent la découverte de cette Guadeloupe verte et volcanique.

Les villes de la Basse-Terre en un coup d'œil

VilleAmbianceÀ ne pas manquerIdéale pour
Basse-TerrePréfecture, histoire, volcanFort Delgrès, cathédrale, base SoufrièreHistoire, randonnée
DeshaiesVillage de cinéma, plageGrande Anse, Jardin botaniqueFamilles, baignade, nature
Sainte-RoseMangrove, rhumGrand Cul-de-Sac Marin, îlet Caret, SofaïaNature, kayak, distilleries
BouillanteCôte sous-le-vent, plongéeRéserve Cousteau, MalendurePlongée, snorkeling
Trois-RivièresBalcon sur les SaintesRoches Gravées, embarcadèreCulture, accès aux îles

En famille, en couple, entre amis ou en solo

En famille, la Basse-Terre se prête aux journées nature : baignade à Grande Anse, volières du Jardin botanique de Deshaies, snorkeling facile au-dessus des fonds peu profonds des îlets Pigeon à Bouillante, ou douche tiède de Sofaïa. En couple, on savoure les ambiances plus intimistes : coucher de soleil sur la côte sous-le-vent, dîner dans un village de pêcheurs, escapade aux Saintes au départ de Trois-Rivières. Entre amis, l'aventure domine : ascension de la Soufrière depuis Basse-Terre, plongée à la Réserve Cousteau, sortie kayak dans la mangrove du Grand Cul-de-Sac Marin. En solo, enfin, la Basse-Terre comble les amateurs de patrimoine et de marche : Fort Delgrès, Roches Gravées de Trois-Rivières, sentiers du Parc national et grandes cascades.

Un itinéraire pour relier les villes

La Basse-Terre se découvre idéalement par sa route côtière, qui en fait presque le tour. En remontant la côte sous-le-vent depuis le sud, on enchaîne Trois-Rivières et ses Roches Gravées, Bouillante et la Réserve Cousteau, puis Deshaies et sa plage de Grande Anse. En redescendant par la côte au vent, on relie Sainte-Rose et sa mangrove, Capesterre-Belle-Eau et ses Chutes du Carbet, avant de rejoindre la ville de Basse-Terre au pied du volcan. Les distances sont courtes à vol d'oiseau, mais la route sinueuse et le relief imposent de prévoir large.

DuréeProgramme suggéré
1 jourBouillante (Réserve Cousteau) → Deshaies (Grande Anse, Jardin botanique)
2-3 jours+ Basse-Terre (Fort Delgrès, Soufrière) + Trois-Rivières (Roches Gravées) + Sainte-Rose (mangrove)
1 semaineTour complet de l'île, avec randonnées, plongée et escapade aux Saintes

Conseils pratiques et sécurité

La voiture est indispensable pour explorer la Basse-Terre, dont les sites sont dispersés et mal desservis par les transports en commun ; prévoyez des temps de trajet plus longs qu'il n'y paraît, car la route épouse le relief. En montagne et en forêt, le climat est plus humide et changeant que sur la Grande-Terre : un sentier sec le matin peut devenir glissant l'après-midi, et l'ascension de la Soufrière ne s'envisage que par temps dégagé, avec de bonnes chaussures et de l'eau. Sur le littoral, méfiez-vous des courants sur les plages exposées de la côte nord et des mancenilliers, ces arbres toxiques signalés par un trait de peinture rouge dont il ne faut ni toucher les fruits ni s'abriter sous le feuillage. En mer, les sorties plongée et kayak s'organisent avec des prestataires encadrés, après vérification de la météo marine. Enfin, la saison sèche, de décembre à mai, reste la plus favorable, la période de juillet à octobre étant plus pluvieuse et correspondant à la saison cyclonique.

Questions fréquentes

Quelle est la capitale de la Guadeloupe ?

La ville de Basse-Terre est la préfecture, donc le chef-lieu administratif. Pointe-à-Pitre, sur la Grande-Terre, est le cœur économique mais n'est pas la capitale, contrairement à une idée reçue tenace.

Combien de jours prévoir pour la Basse-Terre ?

Trois à quatre jours permettent de voir l'essentiel ; une semaine offre le confort d'alterner randonnées, plongée, plages et découverte des villes sans se presser.

Où se trouve la meilleure plongée ?

À Bouillante, dans la Réserve Cousteau, autour des îlets Pigeon : l'un des plus beaux sites des Caraïbes, accessible aussi en snorkeling et en bateau à fond de verre.

Où a été tournée la série « Meurtres au paradis » ?

À Deshaies, dont le bourg et la plage de Grande Anse servent de décor depuis 2011.

Peut-on se baigner partout ?

Non. Les plages de la côte sous-le-vent et les lagons sont généralement sûrs, mais la côte nord exposée et certaines plages atlantiques présentent des courants. Renseignez-vous localement et respectez les consignes.

Quelle ville pour découvrir le rhum ?

Sainte-Rose, avec le Domaine de Séverin et la distillerie Reimonenq et son Musée du Rhum.

Faut-il une voiture ?

Oui, c'est indispensable pour relier les villes et les sites naturels de la Basse-Terre, très dispersés.

Comment rejoindre les Saintes ?

Depuis l'embarcadère de Trois-Rivières, par une courte traversée ; d'autres liaisons existent depuis Pointe-à-Pitre et Saint-François.

Quelle est la meilleure période pour venir ?

La saison sèche, de décembre à mai. La période de juillet à octobre, plus humide, correspond à la saison cyclonique : surveillez la météo.