La Trace de la plage de Babin, située sur le littoral de Vieux-Bourg, dans la commune de Morne-à-l’Eau en Guadeloupe, est bien plus qu’une simple promenade en bord de mer. C’est une véritable incursion dans l’histoire locale, la biodiversité côtière et les traditions insulaires. La presse locale, telle que France-Antilles, évoque la dimension culturelle du parcours, notamment à travers son histoire liée aux lamantins.
Trace de la plage de Babin

Une balade entre mangrove et plage verte
Le sentier du littoral relie le port de pêche de Vieux-Bourg à la plage de Babin, à Morne-à-l'Eau. Il traverse la mangrove et ses palétuviers rouges, puis des prairies humides, avec les herbiers marins du Grand Cul-de-Sac Marin en toile de fond. Les oiseaux y sont nombreux, à commencer par la paruline jaune. Au bout du chemin, Babin surprend : c'est une plage en herbe, et les habitants viennent y prendre des bains de boue argileuse.
Lamantins et vieux bourg : la mémoire du littoral
Le sentier raconte aussi l'histoire du lieu. Au départ, il emprunte la rue de la Case aux Lamantins. Son nom rappelle qu'il y avait autrefois beaucoup de lamantins dans le Grand Cul-de-Sac Marin, avant qu'ils ne disparaissent il y a plus d'un siècle. Vieux-Bourg est par ailleurs le premier bourg de la paroisse : ses habitants l'ont quitté pour l'intérieur des terres, où s'est développé l'actuel Morne-à-l'Eau.
Le parcours, du port de Vieux-Bourg à Babin
Après la base nautique et le stade, le sentier entre en forêt et serpente entre mangrove et prairies humides jusqu'à Babin. Le topo du Parc national de la Guadeloupe signale huit points d'intérêt patrimoniaux sur le parcours. Ils aident à comprendre le rôle des zones humides, qui filtrent l'eau et protègent la côte contre l'érosion.
Points de vues et points d'intérêt à ne pas manquer Plage de Babin : connue pour ses bains de boue naturels et son étendue herbeuse. Mangrove : découverte de cet écosystème et des espèces qui y vivent. Vue sur le Grand Cul-de-Sac Marin : panorama sur la baie.
Que voir à proximité
La mangrove en kayak
On peut prolonger la marche sur l'eau, au départ de la base nautique de Vieux-Bourg, rue Achille-Labuthie. Les sorties guidées d'une demi-journée remontent la mangrove jusqu'au lagon du Grand Cul-de-Sac Marin et à ses îlets coralliens. Elles sont accessibles aux familles. Au port, on peut aussi louer de petites embarcations pour explorer la mangrove par soi-même.
Le canal des Rotours
Ce canal de 6 km a été creusé entre 1826 et 1830 à l'initiative du gouverneur Angot des Rotours. Plus de 300 esclaves et libres de couleur y ont travaillé. Il relie le Grand Cul-de-Sac Marin au bourg de Morne-à-l'Eau. Jusqu'en 1979, des gabares y transportaient le sucre de l'usine de Blanchet. Aujourd'hui, ses berges ombragées se prêtent à la promenade et son cours sert d'abri aux petits bateaux.
Le cimetière de Morne-à-l'Eau
Au bourg, à environ 7 km de Babin, ce cimetière installé en 1847 s'étage en amphithéâtre. Ses caveaux sont décorés de carreaux noirs et blancs posés en damier, et l'origine de ce motif reste un mystère. Le soir de la Toussaint, le 1er novembre, les familles l'illuminent de milliers de bougies : c'est l'un des moments les plus forts de l'année en Guadeloupe.
Le marché de Morne-à-l'Eau
Au cœur du bourg, le marché de Morne-à-l'Eau propose des produits du terroir et de l'artisanat local. C'est une bonne halte pour composer un pique-nique avant de rejoindre les carbets de Babin.
Infos pratiques
Accès et parcours
Le sentier fait 5 km en aller-retour, pour environ 2 h 30 de marche et 54 m de dénivelé. Il est classé facile, suit un balisage jaune et convient aux familles comme aux marcheurs peu expérimentés. Il part du port de pêche de Vieux-Bourg, à Morne-à-l'Eau, sur la côte ouest de la Grande-Terre, au bord du Grand Cul-de-Sac Marin. Un parking non surveillé est à disposition au port. En voiture, quittez la RN5 au sud du bourg de Morne-à-l'Eau et suivez la RD107 jusqu'au port. L'aéroport Pôle Caraïbes est à moins de 9 km. En bus, la ligne A10 du réseau Karu'lis dessert le secteur. L'accès au sentier et à la plage est libre et gratuit toute l'année.
Équipement et précautions
Le parcours est peu ombragé et les moustiques piquent en fin de journée. Prévoyez des chaussures fermées, un chapeau, de la crème solaire, un répulsif et assez d'eau. Après la pluie, certains passages deviennent boueux et glissants. Si vous venez avec des enfants, surveillez-les au bord de l'eau. Pour le bain de boue, emportez une serviette et des vêtements que vous ne craignez pas de salir.
Se restaurer et services
Pour déjeuner, La Terrasse de Vieux-Bourg, route de l'Église, sert une cuisine créole à base de poisson frais et de produits locaux. Sa terrasse ombragée donne sur la rade et la mangrove. Le restaurant est fermé le mardi et il est conseillé de réserver (05 90 24 74 49). En cas de besoin, la pharmacie du Marché se trouve au bourg de Morne-à-l'Eau, à l'angle des rues du Débarcadère et Bajon.
Anecdote: Taicaraya, la lamantine venue de Porto Rico
Le nom de la Case aux Lamantins rappelle un animal que la Guadeloupe a longtemps cru perdu, et que des hommes ont tenté de faire revenir. En 2016, dans le cadre d'un programme soutenu par l'Union européenne, deux jeunes lamantins mâles venus du zoo de Singapour, dont Kaï, sont accueillis dans le Grand Cul-de-Sac Marin. L'un meurt et l'autre tombe gravement malade : Kaï finit au Parc zoologique de Paris. En 2018, le projet est mis en pause.
Le retour vient finalement de la mer. En janvier 2025, une jeune femelle de cinq ans, Taicaraya, est relâchée à Porto Rico après des années en centre de soins, avec une balise GPS qui se détache au bout de cinq jours. Personne ne sait quelle route elle prend. À partir de juillet 2025, on la voit pourtant régulièrement dans la mangrove du Moule, de l'autre côté de la Grande-Terre. Pour la première fois depuis plus d'un siècle, un lamantin vit librement dans les eaux guadeloupéennes, et il y est arrivé seul. Elle est aperçue pour la dernière fois le 10 décembre 2025, puis retrouvée morte dans la mangrove du Moule le 2 janvier 2026, sans que l'autopsie permette d'établir la cause de sa mort.
Ce qu'un programme scientifique n'avait pas réussi à faire, une lamantine l'a tenté par ses propres moyens. Son histoire rappelle une chose simple : si les lamantins reviennent un jour pour de bon, ce sera grâce aux mangroves et aux herbiers marins que l'on longe sur le sentier de Babin.
FOQ
Questions fréquentes
Pourquoi dit-on que Babin est une « plage verte » ?
À Babin, il n'y a pas de sable blanc : une étendue herbeuse descend jusqu'à une mer calme et peu profonde aux fonds vaseux. C'est la seule plage de ce type en Guadeloupe.
Que soignent les bains de boue de Babin selon la tradition ?
La boue grise et argileuse de Babin a la réputation de soulager les rhumatismes, l'arthrose et les maladies de peau. Les baigneurs l'étalent eux-mêmes sur le corps, la laissent sécher, puis se rincent dans la mer.
Pourquoi le hameau s'appelle-t-il Vieux-Bourg ?
C'est là que se trouvait le premier bourg de la paroisse, tourné vers la mer pour expédier le sucre. Ses habitants sont ensuite partis vers l'intérieur des terres, où s'est développé l'actuel bourg de Morne-à-l'Eau.
Peut-on encore voir des lamantins en Guadeloupe ?
Les lamantins ont disparu des eaux guadeloupéennes il y a plus d'un siècle. Le seul retour récent, celui d'une femelle venue de Porto Rico et observée au Moule en 2025, s'est terminé par sa mort en janvier 2026.
La randonnée Vieux-Bourg – Babin convient-elle aux enfants ?
Oui : le sentier est classé facile, avec 5 km en aller-retour et un dénivelé très faible. Il faut compter environ 2 h 30, et prévoir de l'eau et une protection contre le soleil et les moustiques.

