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Loin des grandes plages aménagées du Moule, Sainte-Marguerite est une petite anse confidentielle, souvent déserte même en haute saison. Son atout : une eau cristalline et un récif corallien accessible directement depuis le bord, qui en fait l’un des meilleurs spots de snorkeling « sans bateau » de la côte est. Ici, pas de carbets ni de douches : une plage vierge, naturelle, pour ceux qui cherchent le calme et les fonds marins plutôt que les services. Cette page vous dit ce qui fait son charme, ce qu’on y observe, comment s’y baigner en sécurité (chaussures aquatiques obligatoires !), et comment l’intégrer à une découverte du Moule.

Une plage sauvage et confidentielle

Sainte-Marguerite (ou Anse Sainte-Marguerite) est l’une des nombreuses plages du Moule, mais l’une des plus discrètes. C’est une petite anse d’environ 200 mètres de long, plutôt étroite, au sable doré, dans un environnement arboré. Sa caractéristique première est sa tranquillité : peu fréquentée, elle peut être quasiment déserte même en pleine saison — une rareté appréciable pour qui veut échapper à la foule. C’est une plage « vierge », sans aménagement : pas de carbets, pas de douches, pas de buvette. En contrepartie de cette absence de services, on gagne un cadre naturel préservé. À noter toutefois, par honnêteté : la plage est située dans le village, avec des routes et des habitations qui la jouxtent — ce n’est donc pas une crique perdue au bout du monde, mais une plage de proximité, facile d’accès, qui garde un caractère sauvage malgré son environnement habité.

Le snorkeling, la vraie vedette

Si Sainte-Marguerite vaut le détour, c’est avant tout pour ses fonds marins. Le grand atout du site : des récifs coralliens accessibles directement depuis la plage, à quelques mètres du rivage, sans avoir besoin de bateau. C’est un spot idéal pour le snorkeling (la plongée avec palmes, masque et tuba), aussi bien pour les débutants que pour les initiés. Sous la surface, la biodiversité est au rendez-vous. Dans une eau cristalline à la haute transparence, on observe une faune colorée :

  • Des poissons-papillons et des demoiselles, parmi les plus emblématiques des récifs antillais.
  • Des oursins (qui imposent la prudence, voir plus loin) et toute une vie fixée sur le corail.
  • Et, avec un peu de chance, des tortues marines qui fréquentent ces eaux protégées par la barrière corallienne. La barrière de corail, en filtrant la houle de l’Atlantique, crée un plan d’eau plus calme et clair, propice à l’observation. Pour qui aime mettre la tête sous l’eau, Sainte-Marguerite est une petite pépite — d’autant plus précieuse qu’on y accède à pied, sans excursion organisée.

Se baigner en sécurité : les chaussures aquatiques

C’est le point le plus important de cette fiche, et il conditionne le plaisir de la baignade. À Sainte-Marguerite, le fond n’est pas un tapis de sable doux : c’est un fond rocheux, à couverture mixte (roches et sable). Concrètement, cela signifie que des chaussures aquatiques sont quasiment obligatoires. Pourquoi ? D’abord pour le confort : marcher pieds nus sur des rochers, parfois glissants ou coupants, est désagréable. Ensuite et surtout pour la sécurité : la présence d’oursins (dont les piquants pénètrent la peau et sont douloureux à retirer) rend la protection des pieds indispensable. Avec de bonnes chaussures d’eau, on entre et on sort de l’eau sereinement, et l’on profite pleinement du snorkeling. Sans elles, la baignade peut vite tourner à la mauvaise expérience. C’est le seul vrai « prérequis » du lieu, mais il est essentiel. Pour le reste, les conditions de baignade sont plutôt favorables : la profondeur augmente de façon modérée et progressive, il y a très peu de bateaux à proximité, et la prévalence de requins est considérée comme faible. Comme partout, on reste attentif aux courants et on évite de s’éloigner seul au-delà du récif.

Bien pratiquer le snorkeling

Puisque c’est le cœur de l’expérience, quelques repères pour en profiter pleinement et sans risque. Le matériel de base est simple : un masque, un tuba, et idéalement des palmes (mais elles ne sont pas indispensables sur un récif aussi proche du bord). On entre dans l’eau doucement, chaussé, on ajuste son masque, puis on se laisse flotter en surface, visage dans l’eau, en respirant calmement par le tuba. Nul besoin de savoir très bien nager pour observer un récif peu profond — mais on reste prudent et l’on garde un œil sur le rivage. Le snorkeling responsable est essentiel pour préserver ce qu’on vient admirer. Quelques règles d’or : on ne touche jamais le corail (il est vivant et fragile, un simple contact peut le blesser), on ne pose pas les pieds dessus, on ne nourrit pas les poissons, et on ne ramasse rien (coquillages, oursins, coraux restent dans l’eau). On privilégie une crème solaire minérale, car les filtres chimiques sont toxiques pour les récifs. Enfin, on garde ses distances avec les tortues si l’on a la chance d’en croiser : on les observe sans les poursuivre ni les toucher. Ces gestes simples garantissent que le spot reste aussi beau pour les suivants.

Sargasses et météo : la réalité de la côte est

Une mise au point honnête s’impose. Le Moule est sur la façade atlantique de Grande-Terre, exposée aux alizés et, périodiquement, aux échouages de sargasses, ces algues brunes qui s’accumulent sur le rivage et gênent la baignade en pourrissant. Selon les arrivages et la saison, certaines plages de la côte est peuvent en être affectées. Avant de se déplacer, il est donc utile de se renseigner sur l’état du littoral du moment. La côte atlantique est aussi plus ventilée et la mer parfois plus agitée que sur la côte au vent protégée du sud Grande-Terre. À Sainte-Marguerite, le récif atténue heureusement la houle et crée un plan d’eau plus calme, mais par gros temps ou grande marée, mieux vaut rester prudent. Comme souvent en Guadeloupe, un coup d’œil à la météo marine et au sens du vent avant de partir évite les déconvenues — et permet de choisir le bon jour pour profiter au mieux des fonds.

En pratique

CritèreÀ retenir
TypePlage sauvage, publique et gratuite, sans commodités ; ~200 m, étroite
LocalisationLe Moule (Grande-Terre), côté côte ; route côtière direction Saint-François, panneaux « Sainte-Marguerite »
AccèsFacile, en bord de route ; stationnement à moins de 100 m
EauCristalline, turquoise, haute transparence ; lagon protégé par le récif
FondRocheux / mixte (roches et sable) ; chaussures aquatiques indispensables
AtoutSnorkeling depuis le bord : poissons-papillons, demoiselles, parfois tortues
FréquentationFaible, souvent déserte même en haute saison ; pas de surveillance
À emporterChaussures d’eau, masque-tuba, eau, ombrelle/parasol, pique-nique, sac à déchets

À qui s’adresse cette plage ?

Sainte-Marguerite n’est pas une plage « pour tout le monde », et c’est très bien de le savoir avant de venir. Elle ravira :

  • Les amateurs de snorkeling et de calme, qui trouveront ici un récif accessible et une eau claire, loin de l’agitation.
  • Les amoureux de nature et de plages sauvages, prêts à se passer de services pour gagner en tranquillité.
  • Les résidents en quête d’un coin discret pour une baignade rapide ou une fin de journée au calme. Elle conviendra moins, en revanche, à ceux qui cherchent une grande plage de sable familiale avec carbets, douches et surveillance : pour cela, l’Autre Bord, l’autre grande plage du Moule, est mieux adaptée (lagon calme, carbets, ombrage, parc de loisirs à proximité). Sainte-Marguerite et l’Autre Bord sont complémentaires : à chacun de choisir selon son envie du jour — snorkeling sauvage d’un côté, journée familiale aménagée de l’autre.

Le Moule, ville de mer et de surf

Sainte-Marguerite s’inscrit dans une commune au fort caractère maritime. Le Moule, sur la côte est de Grande-Terre face à l’océan Atlantique, fut autrefois le plus important port sucrier de la Guadeloupe. C’est aujourd’hui une ville authentique et dynamique, classée « Ville Surf » pour la qualité de ses vagues — le spot de Damencourt est une référence de la glisse dans la Caraïbe. La commune ali­gne plusieurs plages de sable, chacune avec sa personnalité : l’Autre Bord (familiale, aménagée), l’Anse Maurice (calme, snorkeling), l’Anse Conchou (surfeurs), sans oublier la Porte d’Enfer et l’Anse Salabouelle. Cette diversité fait du Moule une destination balnéaire complète. Sainte-Marguerite y tient le rôle de la petite plage nature et snorkeling — le complément idéal d’une journée découverte.

Que faire autour ?

La plage se combine aisément avec les richesses du Moule, pour une journée variée mêlant mer, patrimoine et terroir :

  • Le patrimoine du bourg : l’église Saint-Jean-Baptiste, classée Monument historique, à la façade néoclassique à colonnes ; l’hôtel de ville coloré ; et, près de la mer, les vestiges d’une ancienne batterie de canons et les ruines de Wisosky, propices à la flânerie.
  • Le terroir : la distillerie Damoiseau, réputée pour son rhum agricole, et l’usine Gardel, dernière sucrerie encore en activité en Guadeloupe continentale (visites en période de récolte).
  • Le patrimoine colonial : l’habitation Zévallos, belle demeure du sud de la commune.
  • Les sports nautiques : surf à Damencourt, mais aussi kayak dans la mangrove du Moule (club près du pont). De quoi bâtir une belle journée : un bain et du snorkeling à Sainte-Marguerite le matin, une visite de distillerie et du bourg ensuite, et pourquoi pas un coucher de soleil sur une autre plage. Les distances étant courtes, on enchaîne facilement.

Quand venir

Pour tirer le meilleur de Sainte-Marguerite, le choix du moment compte. La saison sèche (de décembre à avril environ) offre généralement la mer la plus claire et la plus calme, donc les meilleures conditions de snorkeling. Côté heure, le matin est souvent idéal : l’eau est plus limpide avant que le vent ne se lève, la lumière met en valeur les couleurs des poissons, et la plage, déjà peu fréquentée, est encore plus paisible. Évitez si possible les lendemains de forte houle ou de pluie, qui troublent l’eau et réduisent la visibilité sous-marine. Et puisque l’ombre fait défaut, les heures les plus chaudes de la mi-journée sont à gérer avec une bonne protection solaire et, idéalement, un parasol. En venant tôt et par beau temps sec, on réunit toutes les conditions pour une matinée réussie : eau transparente, fonds visibles, et le luxe d’avoir presque la plage pour soi.

Note pour les visiteurs de passage

Sainte-Marguerite est une bonne adresse pour qui veut faire du snorkeling sans bateau et fuir les plages bondées. Mais venez en connaissance de cause : c’est une plage sauvage, sans services ni surveillance, au fond rocheux. La règle d’or : des chaussures aquatiques (pour les rochers et les oursins) et votre masque-tuba. Prévoyez aussi de l’eau, de l’ombre (il n’y a pas de carbet) et de quoi remporter vos déchets, pour garder ce coin propre. Si vous voyagez en famille avec de jeunes enfants ou cherchez le confort, préférez l’Autre Bord. Mais pour une parenthèse nature et des fonds marins à deux brasses du bord, Sainte-Marguerite tient ses promesses — à condition de la respecter.

Questions fréquentes

Sainte-Marguerite est-elle une plage aménagée ?

Non. C’est une plage sauvage, publique et gratuite, sans carbets, douches ni surveillance. On y vient pour la nature et le snorkeling, pas pour les services.

Pourquoi des chaussures aquatiques ?

Parce que le fond est rocheux et abrite des oursins. Les chaussures d’eau protègent les pieds des roches glissantes ou coupantes et des piquants d’oursins. Elles sont quasiment indispensables ici.

Peut-on y faire du snorkeling ?

Oui, c’est même son principal atout : des récifs coralliens sont accessibles directement depuis le bord, dans une eau cristalline. On y voit poissons-papillons, demoiselles, oursins et parfois des tortues.

La plage est-elle fréquentée ?

Très peu : elle est souvent déserte, même en haute saison. C’est l’un de ses charmes, mais cela signifie aussi l’absence de surveillance — prudence pour la baignade.

Comment y accéder ?

Par la route côtière du Moule en direction de Saint-François, en suivant les panneaux « Sainte-Marguerite ». L’accès est facile, en bord de route, avec un stationnement à moins de 100 mètres.

Quelle différence avec la plage de l’Autre Bord ?

L’Autre Bord est une grande plage familiale et aménagée (carbets, ombrage, parc de loisirs, parfois surveillance). Sainte-Marguerite est plus petite, sauvage et orientée snorkeling. Les deux sont complémentaires.