tourisme guadeloupe.webp

Entre deux plages de sable, au point le plus septentrional de la Basse-Terre, court un sentier où la mer turquoise dialogue avec les arbres courbés par les alizés. De la plage des Amandiers à celle de Clugny, cette randonnée littorale déroule anses sauvages, pointes chargées d’histoire et pâturages face au large. Une balade accessible et d’une grande beauté, à travers l’un des plus beaux morceaux de côte du nord de la Guadeloupe.

Fiche rando

CritèreInfo
SecteurLittoral nord, Sainte-Rose (Nord Basse-Terre)
Distance~8 à 9 km aller-retour
DuréeEnviron 3 h aller-retour
DéniveléQuasi inexistant (~110 m)
TypeLinéaire (prévoir 2 véhicules ou le bus)
DifficultéFacile, accessible au plus grand nombre
TerrainPlages, sous-bois, côte rocheuse, pâturages; balisage jaune
EntrePlage des Amandiers ↔ plage de Clugny
À emporterEau, chapeau, crème solaire, maillot, chaussures
VigilanceVent, soleil, mancenilliers, portion fragilisée (vérifier)

Une côte aux mille visages

Le sentier littoral de Sainte-Rose relie deux belles plages du nord de Basse-Terre : la plage des Amandiers et la plage de Clugny. Sur environ huit à neuf kilomètres aller-retour, il épouse la côte la plus septentrionale de l’île, offrant une succession de paysages d’une grande variété. Tantôt on chemine directement sur le sable des anses, tantôt on s’éloigne légèrement dans les terres, traversant sous-bois, côte rocheuse et pâturages face à l’océan. Le dénivelé étant quasiment nul, la randonnée reste accessible au plus grand nombre, ce qui en fait une sortie idéale pour découvrir la nature sans s’épuiser. Cette diversité de milieux fait tout le charme du parcours. On passe d’une forêt sèche peuplée de bois d’Inde, de gommiers rouges et de raisiniers à de longues plages bordées d’amandiers et de cocotiers, en croisant des zones humides, des mares et des embouchures de rivières. Sur le front de mer, des arbres remarquables, courbés et sculptés par les alizés, témoignent de la force et de la constance du vent sur cette côte exposée. La mer, elle, prend des teintes turquoise aux nuances changeantes, particulièrement spectaculaires lorsque le ciel s’assombrit avant l’orage. Chaque saison, chaque lumière offre un visage différent à ce littoral vivant.

De l’Anse Vinty à la Pointe Allègre

Le parcours débute au fond du parking de la plage des Amandiers, où un chemin balisé en jaune s’engage dans une petite zone boisée. On débouche bientôt sur l’Anse Vinty, paisible crique où se devine parfois une barque de pêcheur à l’abri. Le sentier se poursuit ensuite le long de la côte jusqu’à la Pointe Nogent, puis longe l’arrière-plage de l’Anse de Nogent. Là, il faut traverser la rivière de Nogent, qui longe la plage sur quelques dizaines de mètres avant de rejoindre la mer; c’est aussi un bel endroit pour une première halte baignade. Le chemin alterne ensuite passages ombragés sous les amandiers et zones de pâturage ouvertes sur le large. Le point culminant du parcours, au sens symbolique, est la Pointe Allègre. C’est le lieu le plus au nord de la Basse-Terre, et un site profondément marqué par l’histoire : c’est ici qu’en 1635 débarquèrent les premiers colons français venus prendre possession de la Guadeloupe. Aujourd’hui, la pointe est un espace sauvage et venteux, où les arbres penchés racontent la rudesse du climat. La vue y est splendide : on embrasse le large, les îlets à Kahouanne et Tête à l’Anglais, et, par temps clair, la silhouette d’îles lointaines. Après la pointe, le sentier passe l’Anse des Îles avant de rejoindre la plage de Clugny, terme de la randonnée, bordée de cocotiers et adossée à une zone humide formée par une embouchure de rivière.

Deux plages, deux ambiances

Les deux extrémités de la randonnée valent à elles seules le déplacement, et l’on peut tout à fait choisir d’en faire le début et la fin d’une journée de détente. La plage des Amandiers, point de départ, doit son nom aux grands amandiers-pays qui l’ombragent. C’est une belle plage de sable, dotée d’une zone de parking et de carbets à l’arrière, appréciée pour son calme et son cadre naturel. On peut y faire trempette avant ou après la marche, à l’ombre de ces arbres généreux dont certains, couchés par le temps, forment de véritables bancs naturels. C’est un lieu paisible, qui donne le ton de la randonnée à venir. À l’autre bout, la plage de Clugny offre une ambiance un peu différente. Plus connue, elle est bordée de cocotiers et adossée à une importante zone humide, formée par l’embouchure d’une rivière. Elle dispose de carbets de pique-nique, d’un parking avec douches et sanitaires, et de possibilités de restauration à proximité, ce qui en fait une arrivée confortable après l’effort. Sa situation, face aux îlets du large, et son sable doré en font l’une des plages emblématiques du nord de la Basse-Terre. Entre ces deux pôles, le sentier compose une traversée qui relie deux atmosphères, deux manières de goûter au littoral de Sainte-Rose.

Une nature sauvage et préservée

Tout au long du sentier, la faune et la flore rappellent la richesse écologique de ce littoral. La végétation, adaptée aux embruns et au vent, mêle poiriers pays, raisiniers, amandiers et mangles médailles. Les zones humides, mares et embouchures de rivières sont propices à l’observation des oiseaux, et l’on peut y apercevoir des poules d’eau, notamment en saison des pluies. Mais la rencontre la plus emblématique reste celle de l’iguane des Petites Antilles, espèce endémique aujourd’hui menacée, qui trouve refuge sur cette portion de côte. Croiser ce grand reptile au détour du sentier est toujours un moment privilégié, qui rappelle la valeur de ce patrimoine naturel. Ce caractère sauvage et préservé est aussi ce qui rend le site fragile. Le littoral du nord de la Basse-Terre abrite des sites de ponte de tortues marines : il est essentiel de respecter les plages, de ne rien laisser derrière soi et de ne pas déranger la faune. Le sentier, dont la signalétique est assurée par le Conservatoire du Littoral, traverse un espace naturel que chacun se doit de protéger. Adopter un comportement responsable — rester sur les chemins, remporter ses déchets, observer sans perturber — est la condition pour que cette beauté demeure intacte. C’est aussi ce qui donne à la randonnée sa dimension : bien plus qu’une simple marche, une rencontre avec une nature authentique.

Honnêteté de terrain

Cette randonnée est réputée facile, et elle l’est : le relief est plat et le sentier bien balisé. Mais quelques réalités de terrain méritent d’être anticipées. La première est l’exposition : sur cette côte ouverte, le vent souffle souvent fort, et l’ombre manque par endroits. Chapeau, crème solaire et eau en quantité sont indispensables, surtout aux heures chaudes. Méfiez-vous également des mancenilliers, ces arbres toxiques présents sur le littoral : il ne faut ni les toucher, ni s’abriter dessous, en particulier sous la pluie. Notez aussi que les parkings et la baignade ne sont pas surveillés, et que le parcours traverse par endroits des zones de pâturage : suivez le balisage et restez à distance des animaux. Un point important concerne l’état du sentier. Comme tout chemin littoral, il est soumis à l’érosion et aux aléas; une portion, du côté de l’Anse des Îles, a connu un affaissement qui a nécessité la mise en place d’un balisage temporaire et appelle à la plus grande prudence. Avant de partir, renseignez-vous sur l’état actuel du parcours auprès de l’office de tourisme local, et soyez attentif aux éventuelles signalisations sur place. Pensez enfin à la logistique : le circuit étant linéaire, il faut soit déposer un second véhicule à l’arrivée, soit prévoir un retour en bus, qui circule régulièrement en semaine sur la nationale. Avec ces précautions, la balade reste une expérience sereine et mémorable.

Note pour les visiteurs de passage

Le sentier littoral des Amandiers à Clugny est une façon idéale de découvrir le nord sauvage de la Basse-Terre, loin des sites les plus fréquentés. Partez le matin pour éviter la chaleur, en emportant de l’eau, un chapeau, de la crème solaire, un maillot et de bonnes chaussures. Prévoyez la logistique du circuit linéaire — deux véhicules ou un retour en bus — et renseignez-vous au préalable sur l’état du sentier. Profitez des nombreuses haltes baignade, en particulier à l’Anse de Nogent, et prenez le temps de vous arrêter à la Pointe Allègre pour savourer le panorama et l’atmosphère chargée d’histoire de ce lieu. À l’arrivée, la plage de Clugny et ses possibilités de restauration offrent une belle récompense. Respectez la nature, la faune et les sites de ponte des tortues, et vous repartirez avec le souvenir d’une côte d’une beauté rare, où la mer turquoise, le vent et les arbres tordus composent un paysage inoubliable. Une randonnée à la fois douce et grandiose, emblématique de Sainte-Rose.

Questions fréquentes

Où se situe ce sentier ?

À Sainte-Rose, sur la côte la plus au nord de la Basse-Terre. Il relie la plage des Amandiers à la plage de Clugny, en longeant un littoral sauvage ponctué d’anses, de pointes et de pâturages.

Quelle est sa difficulté ?

Facile : le dénivelé est quasi inexistant et le chemin bien balisé en jaune, ce qui le rend accessible au plus grand nombre. La principale exigence est l’exposition au vent et au soleil sur une bonne partie du parcours.

Combien de temps faut-il prévoir ?

Environ trois heures pour l’aller-retour, sur huit à neuf kilomètres. En multipliant les haltes baignade et les pauses contemplation, on peut facilement y consacrer une belle demi-journée.

Comment gérer le côté linéaire ?

Le circuit n’étant pas une boucle, le plus simple est de déposer un second véhicule à l’arrivée. Sinon, un bus circule régulièrement en semaine sur la nationale pour revenir au point de départ.

Peut-on se baigner ?

Oui, plusieurs plages et anses jalonnent le parcours, dont l’Anse de Nogent, propice à une halte. La baignade n’est toutefois pas surveillée : restez prudent et attentif aux conditions de mer.

Quelles précautions prendre ?

Se protéger du soleil et du vent, éviter les mancenilliers, respecter la faune et les sites de ponte des tortues. Vérifiez aussi l’état du sentier avant de partir, une portion ayant pu être fragilisée par l’érosion.