Que voir à Goyave
À Goyave, la commune-forêt, de la rivière à l’îlet
À Goyave, la commune-forêt, de la rivière à l’îlet




Entre la forêt tropicale qui descend presque jusqu’à la mer et la baie du Petit Cul-de-Sac Marin, Goyave est une commune verte et discrète de la côte est. Spectaculaires chutes au cœur du Parc National, plage de sable gris, îlet en forme de cœur et ponts métalliques d’un autre siècle : un concentré de nature et de patrimoine, loin des foules.
Bienvenue au cœur de la nature luxuriante de la Guadeloupe ! Imaginez un sentier qui serpente entre les arbres majestueux, des rivières cristallines à traverser, et en point d’orgue, des cascades impressionnantes qui s’offrent à vous comme une véritable récompense. Les chutes de Moreau, nichées dans...
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À Goyave, la commune-forêt, de la rivière à l’îlet
Entre la forêt tropicale qui descend presque jusqu’à la mer et la baie du Petit Cul-de-Sac Marin, Goyave est une commune verte et discrète de la côte est. Spectaculaires chutes au cœur du Parc National, plage de sable gris, îlet en forme de cœur et ponts métalliques d’un autre siècle : un concentré de nature et de patrimoine, loin des foules.
Goyave doit son nom aux goyaviers qui poussaient le long de la rivière qui la traverse, la Petite Rivière à Goyaves. La commune, sur la côte est de la Basse-Terre, à une vingtaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre, a une véritable identité sylvestre : depuis la mer, on distingue nettement les grandes langues de forêt qui descendent des hauteurs jusqu’à s’avancer tout près du littoral, couvrant une large part du territoire. En arrière-plan, le Mont Matéliane domine des vallons boisés. C’est une commune du Parc National de la Guadeloupe, tournée vers la nature, la pêche et la banane plus que vers le tourisme de masse.
Le bourg, lové entre la nationale et la mer, est paisible : maisons de pêcheurs, petites boutiques, air marin et rythme tranquille loin du trafic. C’est un village où l’on prend le temps, qui sert de porte d’entrée vers les grands sites naturels des hauteurs. Cette double nature — un littoral habité et toute une arrière-cour forestière sauvage — fait l’originalité de Goyave, dont l’essentiel des merveilles se mérite au prix d’un peu de marche. La commune est aussi une terre d’eau : outre la Petite Rivière à Goyaves, alimentée par les rivières Moreau et Bonfils, de nombreux cours d’eau dévalent les hauteurs, creusant des ravines et formant cascades et bassins. Cette abondance hydraulique, conjuguée à la forêt dense, explique la luxuriance des paysages et la richesse de la faune et de la flore que protège ici le Parc National.
Le site le plus célèbre de Goyave, ce sont les chutes Moreau, l’un des plus beaux ensembles de cascades de la Guadeloupe, au cœur de la forêt tropicale. On y compte plusieurs chutes échelonnées, dont la plus haute atteint environ cent mètres, composée de plusieurs paliers se jetant dans un grand bassin — un paysage que beaucoup comparent aux célèbres chutes du Carbet. Le site se niche dans une forêt ombrophile dense, la « forêt de la pluie », peuplée de gommiers, de châtaigniers et d’acomats, le long de la rivière Moreau et de la ravine Mangle. Curiosité géographique : la rivière ne prend le nom de Moreau qu’après le confluent de la ravine Mangle et de la ravine Raccon, et c’est en réalité sur la Mangle que se trouvent l’essentiel des cascades. Le décor, fait de parois rocheuses couvertes de végétation, de racines, de lianes et de bassins limpides, est l’un des plus sauvages et des plus apaisés de la Basse-Terre.
Mais ces chutes se méritent : elles ne sont accessibles qu’au terme d’une longue randonnée exigeante, qui traverse plusieurs fois la rivière, et la prudence y est impérative en raison des montées d’eau rapides. Le détail de cette marche est traité dans notre page « ce qu’on peut y faire ». Point important à vérifier avant tout projet : l’accès au site peut être réglementé, voire interdit par arrêté municipal pour des raisons de sécurité liées aux risques naturels. Il est donc indispensable de se renseigner sur l’état et l’ouverture du sentier auprès du Parc National ou de la mairie avant de partir. Même de loin, l’idée de ce géant d’eau caché dans la forêt dit assez la richesse naturelle de Goyave.
Côté mer, Goyave ne possède qu’une seule plage, mais elle a du charme : la plage de Sainte-Claire, au sable gris d’origine volcanique, est le principal accès à la mer de la commune. Protégée par une barrière de corail, bordée de cocotiers et dotée de carbets, elle offre une eau chaude et un panorama dégagé sur Pointe-à-Pitre et, par temps clair, sur Marie-Galante. C’est une plage agréable et familiale, propice à la découverte des fonds marins, dans un cadre plus confidentiel que les grandes plages touristiques de l’île. Le sable gris, hérité de l’origine volcanique de la Basse-Terre, lui donne un caractère bien différent des plages blanches de la Grande-Terre : on est ici sur une côte authentique, fréquentée surtout par les habitants. On y accède par le quartier de Morne Rouge, après avoir traversé la Petite Rivière à Goyaves, au lieu-dit Anse à sable. Les carbets et l’ombre des cocotiers en font un lieu de pique-nique apprécié le week-end.
À deux kilomètres au large, dans la baie du Petit Cul-de-Sac Marin, l’îlet Fortune est la carte postale de Goyave. Ce petit îlot, dont la forme évoque un cœur, fut un refuge pour les Amérindiens lors de la colonisation. Protégé par la barrière de corail, entouré d’une mer calme, chaude et peu profonde, il est un but de promenade très prisé des Goyaviens : on s’y rend en bateau ou en kayak pour pique-niquer, faire le tour de l’îlot à pied et explorer la mangrove toute proche. C’est un site naturel préservé, sans autre trésor que celui, bien réel, du paysage. Depuis l’îlet, la vue embrasse la baie du Petit Cul-de-Sac Marin, ses eaux turquoise et la silhouette des montagnes de la Basse-Terre à l’horizon ; les fonds, peu profonds et abrités par le corail, se prêtent merveilleusement à la baignade et au masque-tuba. Cet îlot fait figure de petit paradis de proximité pour les habitants, qui viennent volontiers y passer la journée — une parenthèse hors du temps, à quelques coups de pagaie de la côte.
Goyave conserve un patrimoine industriel discret mais attachant : deux ponts métalliques, le pont de la Petite Rivière et le pont de la Rivière la Rose. Datés de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle, ils s’inscrivent dans la série de ponts livrés à la Guadeloupe à l’époque industrielle pour désenclaver les communes, et sont localement attribués aux ateliers Eiffel — une origine souvent citée, même si elle n’est pas officiellement documentée. Ces structures d’acier, témoins d’une époque, valent le coup d’œil pour qui s’intéresse à l’histoire de l’île. À la fin du XIXe siècle, pour franchir les nombreuses rivières qui coupaient les routes du littoral et reliaient mal les communes entre elles, la Guadeloupe fit venir de métropole quantité de ponts métalliques préfabriqués. Beaucoup ont été emportés par les crues et les cyclones au fil du temps ; ceux de Goyave comptent parmi les rares survivants, et leur silhouette d’acier rivé, enjambant la rivière au milieu de la végétation, ne manque pas de poésie.
Dans le bourg, le promeneur attentif repèrera aussi quelques traces du passé, comme l’ancienne prison, l’un des plus vieux bâtiments de la commune, et les modestes maisons de pêcheurs qui rappellent la vocation maritime du village. Goyave n’est pas une commune de grands monuments : son patrimoine est fait de ces petites choses — un pont d’acier sur une rivière, une plage de sable gris, un îlot en forme de cœur — et surtout d’une nature omniprésente. C’est cette simplicité, entre forêt et mer, qui fait tout son charme.
| À voir | Ce que c’est |
|---|---|
| Chutes Moreau | Cascades en forêt (jusqu’à ~100 m) ; voir Que faire |
| Plage de Sainte-Claire | Seule plage ; sable gris, vue Pointe-à-Pitre |
| Îlet Fortune | Îlot en forme de cœur ; refuge amérindien |
| Ponts métalliques | Petite Rivière & Rivière la Rose ; « Eiffel » |
| Le bourg | Village de pêcheurs, ancienne prison |
| Forêt & Matéliane | Identité sylvestre ; Parc National |
Goyave se découvre en voiture, entre le bourg sur le littoral et les hauteurs forestières. À contempler : la plage de Sainte-Claire et sa vue sur la baie, l’îlet Fortune au large, les ponts métalliques et le bourg de pêcheurs. Les chutes Moreau et les cascades sont l’affaire d’une randonnée — vérifiez impérativement, au préalable, que le sentier est ouvert et la météo favorable. La page « ce qu’on peut y faire » détaille les randonnées, la baignade en rivière et les sorties vers l’îlet ; la page « séjour » s’adresse à qui envisage de s’y installer. Discrète et verte, Goyave est une commune pour qui aime la nature authentique : ses trésors ne s’étalent pas en bord de route, ils se méritent et se savourent.