Sur la côte est de Marie-Galante, l’Atlantique se déchaîne contre la roche depuis des millénaires. Le résultat est saisissant : d’anciennes grottes sous-marines, remontées à l’air libre par les mouvements de la terre, dessinent un décor sauvage et minéral. C’est le sentier des Galeries, une courte balade qui mène au cœur de cette curiosité géologique, face à la puissance de l’océan. Accessible mais non sans dangers, elle offre un concentré de la beauté brute de l’île. Voici comment la découvrir — et avec quelles précautions.
Les Galeries de Marie-Galante : balade sur une côte sculptée par l’océan

Fiche rando
| Critère | Info |
|---|---|
| Distance | ~1,5 km |
| Type | Boucle |
| Durée | ~30 à 45 min (descente ~15 min jusqu’à la mer) |
| Dénivelé | Faible, mais descente puis remontée vers la côte |
| Difficulté | Courte mais délicate sur les roches; déconseillée aux jeunes enfants |
| Balisage | Marques peintes (rectangles ocres / jaunes) |
| Départ | Lieu-dit Capharnaüm, route des Galets, Capesterre-de-Marie-Galante |
| Terrain | Ravine, puis roches coralliennes du littoral (saillantes, glissantes) |
| Période | Toute l’année par temps sec; éviter forte houle; plein soleil |
| Vigilance | Falaises, fortes vagues, roches glissantes; mancenilliers; parking non surveillé |
| À emporter | Chaussures de marche, eau, chapeau, crème solaire |
Une courte balade vers la côte sauvage
Le sentier des Galeries est l’une des plus courtes randonnées de Marie-Galante : une boucle d’environ un kilomètre et demi, que l’on parcourt en une trentaine à une quarantaine de minutes, selon le temps que l’on passe à explorer le site. Il se situe sur la commune de Capesterre-de-Marie-Galante, sur la côte est de l’île, celle qui reçoit de plein fouet la houle de l’Atlantique. Le départ se fait au lieu-dit Capharnaüm, le long de la route des Galets, près d’un panneau d’information. Malgré sa brièveté, cette balade offre un dépaysement total. Après avoir laissé la voiture, on descend en une quinzaine de minutes vers le rivage, par un chemin d’exploitation agricole puis une ravine. On passe près d’un figuier maudit, cet arbre tropical aux nombreuses racines aériennes, avant de déboucher, au sortir d’une sorte de tunnel de végétation, sur un grand espace ouvert face à la mer. Le contraste est total : on quitte la campagne paisible pour se retrouver soudain devant l’océan déchaîné et la côte rocheuse. C’est là que commence le spectacle.
Les Galeries, anciennes grottes sous-marines
Le cœur de la balade, ce sont bien sûr les Galeries qui lui donnent son nom. Il s’agit d’anciennes grottes sous-marines, creusées par la houle à l’époque où elles se trouvaient au niveau de la mer. Au fil du temps, les mouvements des plaques tectoniques ont fait remonter ces roches au-dessus des flots, mettant ces cavités à l’air libre. Aujourd’hui, elles s’offrent au regard du promeneur comme une curiosité géologique fascinante — un témoignage spectaculaire de la vitalité des forces qui façonnent l’île. Tout autour, le paysage raconte le travail incessant de l’océan. La houle atlantique poursuit son œuvre de sculpteur sur cette côte est, taillant la roche en formes étranges. Certains rochers, d’une composition plus dure, résistent mieux et dessinent des reliefs surprenants. C’est une leçon de géologie à ciel ouvert, où l’on lit, dans la pierre, des millions d’années d’histoire terrestre et marine. Pour qui aime comprendre les paysages, ce site est une petite merveille — et un régal pour les photographes, qui y trouvent un décor brut et puissant.
Marie-Galante, une île née de la mer
Pour comprendre vraiment les Galeries, il faut s’intéresser à la nature même de Marie-Galante. Contrairement à la Basse-Terre, île volcanique aux reliefs escarpés, Marie-Galante est une île essentiellement calcaire, formée à partir d’anciens fonds marins. Sa forme arrondie et son relief de plateau, qui lui valent le surnom de « Grande Galette », sont le fruit d’une longue histoire géologique : d’antiques constructions coralliennes, accumulées sous la mer, ont été progressivement soulevées au-dessus des flots. Ce passé sous-marin explique la présence de roches coralliennes sur tout le pourtour de l’île, et notamment sur cette côte est. Les Galeries en sont l’illustration la plus parlante : ces cavités, autrefois immergées, témoignent du niveau qu’atteignait jadis la mer, et du lent travail des forces terrestres qui les ont hissées à l’air libre. Marcher ici, c’est donc fouler un ancien fond océanique, et lire dans la pierre la mémoire géologique de l’archipel. Pour les curieux de nature et de sciences, c’est une manière passionnante d’aborder l’île, bien au-delà de la simple promenade.
Vers la Pointe de la Mathurine
Une fois sur le littoral, le sentier longe la côte, une dizaine de mètres au-dessus des flots, et chemine à travers les escarpements rocheux de la Pointe de la Mathurine, constituée de roches coralliennes. C’est la portion la plus technique de la balade : la progression sur ces roches saillantes et parfois glissantes exige une attention constante. Le décor, sauvage et grandiose, récompense l’effort — la force de l’Atlantique qui vient se briser sur la roche est tout simplement impressionnante. Le parcours réserve d’autres curiosités à l’œil attentif. On aperçoit des cactus cierge, adaptés à ce milieu sec et venteux, et des bosquets de raisiniers bord de mer rabougris par les embruns. Plus loin, la zone de Grand Fond et les vagues qui déferlent au large complètent ce tableau minéral. Une curiosité amuse les randonneurs : un rocher à la silhouette d’iguane, surnommé en plaisantant « le seul iguane de l’île » — car Marie-Galante a en effet la particularité d’être la seule grande île de l’archipel dépourvue de ces reptiles. Le retour s’effectue ensuite par la route des Galets, avec une dizaine de minutes de marche sur le bitume pour boucler la promenade.
Prudence sur les roches
Cette balade, pour courte qu’elle soit, demande une vraie vigilance. Les avis des randonneurs sont d’ailleurs contrastés : certains la trouvent accessible et familiale, d’autres la jugent délicate, voire risquée. La vérité est entre les deux, et tout dépend des conditions et de la prudence de chacun. Le principal danger vient des roches, qui peuvent être rendues glissantes par les embruns ou la pluie, et de la proximité des falaises et des vagues. Il faut impérativement rester à distance du bord, ne pas s’aventurer sur les roches battues par la houle, et se méfier des fortes vagues qui peuvent surprendre. Plusieurs autres précautions s’imposent. De bonnes chaussures de marche, à semelle antidérapante, sont indispensables pour arpenter les roches coralliennes. La balade se déroulant en plein soleil, sans ombre, prévoyez chapeau, crème solaire et suffisamment d’eau. Comme partout sur le littoral marie-galantais, méfiez-vous des mancenilliers, ces arbres à la sève toxique. En raison de ces difficultés, le sentier est déconseillé aux jeunes enfants, et le parking n’est pas surveillé — ne laissez rien de visible dans votre véhicule. Avec ces précautions et un peu de bon sens, la balade reste une belle découverte, accessible à des marcheurs prudents.
Une initiation à la côte est
Le sentier des Galeries constitue une excellente porte d’entrée vers la côte est de Marie-Galante, plus sauvage et moins fréquentée que les plages du sud. Court et concentré, il donne un avant-goût des paysages spectaculaires de ce littoral façonné par l’océan. D’ailleurs, le sentier des Galeries n’est en réalité qu’un tronçon qui rejoint un sentier plus long, celui de la côte est, pour qui souhaite prolonger la marche et enchaîner les panoramas. Cette balade s’intègre parfaitement dans une journée de découverte de Capesterre-de-Marie-Galante et de ses environs. On peut la combiner avec la baignade à la plage de la Feuillère toute proche, la visite d’une distillerie, ou la découverte des moulins et habitations qui parsèment l’île. En une journée bien remplie, le sentier des Galeries apporte sa touche minérale et sauvage, contrastant avec le turquoise des lagons et le vert des champs de canne. C’est aussi une façon de saisir la diversité des paysages de la « Grande Galette », qui ne se résume pas à ses plages de carte postale, mais offre aussi des côtes rocheuses d’une beauté brute et mémorable.
Le charme âpre de la côte au vent
Les Galeries appartiennent à la côte est de Marie-Galante, dite « côte au vent », car exposée directement aux alizés et à la houle de l’Atlantique. C’est un littoral d’un tout autre caractère que les plages abritées du sud-ouest : ici, pas de lagon turquoise ni de sable blanc, mais des falaises, des roches noires et coralliennes, des embruns et le grondement permanent de l’océan. Cette côte plus âpre, plus sauvage, possède une beauté farouche qui séduit les amateurs de grands espaces et de nature brute. Cette partie de l’île reste largement préservée et peu fréquentée, ce qui ajoute à son charme. On y croise davantage de bovins au pâturage que de touristes, et le silence n’est rompu que par le vent et les vagues. Pour le visiteur en quête d’authenticité et de tranquillité, c’est un terrain de découverte idéal, loin de l’agitation. Le sentier des Galeries en offre un échantillon condensé et accessible, mais l’ensemble de cette côte mérite l’exploration pour qui dispose de temps et apprécie la marche. C’est là que Marie-Galante révèle son visage le plus indomptable, façonné par des siècles de dialogue entre la terre et la mer.
Note pour les visiteurs de passage
Le sentier des Galeries est une jolie balade à inclure dans un séjour à Marie-Galante, surtout si vous aimez les paysages sauvages et la géologie. Courte et accessible, elle convient à des marcheurs prudents, mais reste déconseillée aux jeunes enfants en raison des roches et des falaises. Chaussez-vous correctement, emportez de l’eau, un chapeau et de la crème solaire, car le parcours est en plein soleil. Restez à distance du bord et des vagues, méfiez-vous des mancenilliers, et vérifiez la météo. Comptez moins d’une heure, et combinez la balade avec la plage de la Feuillère ou une distillerie pour une belle journée. Vous repartirez avec des images fortes de cette côte minérale, où l’océan sculpte la pierre sous vos yeux — un visage méconnu et puissant de Marie-Galante.
Questions fréquentes
Où démarre le sentier des Galeries ?
Au lieu-dit Capharnaüm, le long de la route des Galets, à Capesterre-de-Marie-Galante. Depuis Grand-Bourg, on rejoint Capesterre par la D203, puis la rue de la Marine et le chemin des Galets.
Combien de temps dure la balade ?
C’est une boucle courte d’environ 1,5 km, parcourue en 30 à 45 minutes. La descente vers la mer prend une quinzaine de minutes; le reste longe la côte avant un retour par la route.
Que sont « les Galeries » ?
D’anciennes grottes sous-marines, creusées par la houle puis remontées au-dessus du niveau de la mer par les mouvements tectoniques. C’est une curiosité géologique remarquable, sur la côte est de l’île.
La balade est-elle dangereuse ?
Elle demande de la prudence : roches glissantes, falaises, fortes vagues. Restez à distance du bord et chaussez-vous bien. Les avis sont contrastés; elle est déconseillée aux jeunes enfants.
Convient-elle aux familles ?
Avec des enfants en âge de marcher prudemment et bien encadrés, oui, en restant très vigilant sur les roches et près des falaises. Pour les tout-petits, mieux vaut s’abstenir.
Que faut-il emporter ?
De bonnes chaussures de marche, de l’eau, un chapeau et de la crème solaire (parcours en plein soleil). Méfiez-vous des mancenilliers et ne laissez rien de visible dans la voiture au parking.

