Entre la plage du Souffleur et Anse-Bertrand s’étire l’un des plus beaux sentiers littoraux du Nord Grande-Terre. Une trace plate et facile, mais longue et sauvage, qui longe des plages quasi désertes, traverse la mangrove, frôle des falaises de calcaire et dévoile de spectaculaires souffleurs, ces geysers créés par la houle. Une immersion dans une Guadeloupe préservée et confidentielle, à savourer tôt le matin, loin des foules.
Le sentier littoral sauvage de Port-Louis à Anse-Bertrand

Fiche rando
| Critère | Info |
|---|---|
| Secteur | Littoral nord-ouest, Port-Louis → Anse-Bertrand (Grande-Terre) |
| Distance | Environ 8 à 9 km l’aller (le double en aller-retour) |
| Durée | 3 à 4 h l’aller, selon le rythme et les pauses |
| Type | Linéaire (pas de boucle) — voir Vigilance |
| Dénivelé | Quasi nul; parcours plat |
| Difficulté | Facile, accessible à tous; mais long et exposé |
| Terrain | Piste, sable, sous-bois; balisage jaune + panneaux |
| Départ | Parking de la plage du Souffleur, Port-Louis |
| À emporter | Eau, chapeau, crème solaire, anti-moustiques, casse-croûte |
| Vigilance | Chaleur, yen-yens dès l’après-midi, linéaire : prévoir un retour |
Une trace côtière d’exception
Ce sentier compte parmi les plus belles randonnées du littoral guadeloupéen, et certainement parmi les plus accessibles. Il relie la plage du Souffleur, à Port-Louis, à la plage de la Petite Chapelle, à Anse-Bertrand, en longeant la côte nord-ouest de la Grande-Terre, en bordure du Grand Cul-de-Sac Marin. Sur la majeure partie du trajet, on chemine entre la mer d’un côté et la mangrove ou les terres de l’autre, dans un paysage en perpétuel changement. Plat et sans difficulté technique, il convient à toute la famille, à condition de bien mesurer sa longueur et son exposition au soleil. Ce qui rend cette trace si attachante, c’est sa diversité. Tantôt on marche sur le sable de plages quasi désertes, tantôt on s’enfonce sous l’ombre bienvenue des sous-bois, tantôt on longe des pâturages où paissent des bœufs accompagnés de leurs hérons garde-bœufs. Le chemin, mi-ombragé, offre sans cesse de très belles vues sur la mer et, au loin, sur les reliefs de la Basse-Terre. C’est une randonnée contemplative, où l’on prend le temps d’observer la nature, plutôt qu’une épreuve sportive. Elle séduira les amoureux de grands espaces et de littoraux sauvages, en quête d’une Guadeloupe loin des sentiers battus.
Adapter sa sortie à son envie
L’un des atouts de cette randonnée est sa souplesse : on peut la moduler selon sa forme, son temps et ses envies. Les plus motivés réaliseront la totalité du parcours entre les deux plages, idéalement avec un véhicule à chaque extrémité pour éviter le retour à pied. D’autres préféreront un aller-retour partiel, en choisissant un point de demi-tour selon leur rythme — la Pointe d’Antigues ou l’Anse Colas constituent de beaux objectifs intermédiaires, offrant déjà l’essentiel des paysages. Il est même possible de scinder la sortie en deux, avec un départ depuis chacune des deux communes à des moments différents. Le sentier croise aussi le petit circuit aménagé de découverte de la mangrove, que l’on peut intégrer à sa balade pour varier les plaisirs et profiter des pontons surélevés. Cette modularité fait du littoral de Port-Louis à Anse-Bertrand une destination idéale aussi bien pour une grande randonnée que pour une promenade tranquille de quelques kilomètres. Quel que soit le format choisi, l’essentiel est de partir bien équipé et de respecter les consignes de prudence liées à la chaleur et aux yen-yens. Ainsi préparée, la sortie se transforme en un moment de pur plaisir, au contact d’une nature généreuse et d’un littoral parmi les plus préservés de l’île.
Mangrove, plages et souffleurs
Au départ de la plage du Souffleur, on longe d’abord le cimetière marin de Port-Louis, puis on côtoie la mangrove et son observatoire, avant d’enchaîner les anses et les pointes. La première partie, jalonnée de carbets, est appréciée des pique-niqueurs et des surfeurs qui rejoignent leurs spots, notamment celui de l’Anse Lavolvaine. On passe la Pointe d’Antigues, dont le rivage de restes coralliens offre un superbe panorama sur la Basse-Terre et les îlets du Grand Cul-de-Sac Marin — un lieu prisé des pêcheurs à la ligne. Plus loin, la Chapelle Notre-Dame des Marais, où brûlent de nombreuses bougies, marque une étape empreinte de recueillement. L’un des temps forts du parcours, surtout par mer agitée, ce sont les souffleurs : ces geysers naturels, créés lorsque la houle s’engouffre dans des trous de la roche et projette l’eau vers le ciel, parfois à plus de dix mètres de hauteur. Le phénomène, particulièrement impressionnant aux abords de l’Anse Colas, est aussi sonore que spectaculaire. L’Anse Colas elle-même, jolie et peu profonde, bien protégée des vagues, invite à une pause. Enfin, la randonnée s’achève en beauté sur la plage de la Petite Chapelle, bordée de magnifiques cocotiers et ornée d’un gaïac, cet arbre précieux devenu rare en Guadeloupe. De là, on fait face au grand spot de surf d’Anse-Bertrand, où se déroulent parfois des compétitions de haut niveau.
Une nature foisonnante
Tout au long du parcours, la nature offre un spectacle permanent pour qui sait l’observer. Côté flore, la diversité est remarquable : aux palétuviers de la mangrove succèdent les raisiniers de bord de mer, les campêches et les catalpas qui dispensent une ombre précieuse, ou encore les sansevières dont les fleurs embaument le soir. Au sol, le pourpier pique le sable de ses petites fleurs roses. Le gaïac, arbre précieux et désormais rare en Guadeloupe, que l’on rencontre vers la plage de la Petite Chapelle, constitue à lui seul une belle raison de pousser la randonnée jusqu’au bout. Cette mosaïque végétale, adaptée aux conditions parfois rudes du littoral, témoigne de la richesse botanique de la région. La faune n’est pas en reste. Le secteur, en bordure du Grand Cul-de-Sac Marin et du Marais de Port-Louis, abrite une avifaune abondante que les amateurs d’ornithologie prendront plaisir à débusquer. Dans les pâturages traversés par le sentier, on observe des bœufs accompagnés de leurs hérons garde-bœufs, image emblématique des campagnes guadeloupéennes. La mangrove, elle, grouille de crabes et de petits poissons, tandis que les libellules virevoltent au-dessus des zones humides. Cette biodiversité, à la croisée des milieux marins, humides et terrestres, fait de la randonnée bien plus qu’une simple marche : une véritable découverte naturaliste, accessible à tous, qui invite à la curiosité et au respect du vivant.
Honnêteté de terrain
Ne vous fiez pas à la mention « facile » : si le sentier est plat et sans difficulté technique, il n’en demeure pas moins exigeant par sa longueur et, surtout, par les conditions climatiques. La chaleur et l’humidité du Nord Grande-Terre rendent la marche éprouvante dès que le soleil monte. Il est donc vivement conseillé de partir tôt le matin, avant neuf heures : passé dix heures, la chaleur devient écrasante sur les portions découvertes, et l’ombre n’est pas continue. Emportez impérativement de l’eau en quantité, un chapeau, de la crème solaire et un casse-croûte, car il n’y a pas de point de ravitaillement en chemin. Autre réalité incontournable : les yen-yens, ces moucherons piqueurs voraces, particulièrement présents dans les zones de mangrove. Ils sortent généralement à partir du milieu d’après-midi, parfois plus tôt, et peuvent rendre la fin de parcours très désagréable : un répulsif est indispensable, et c’est une raison de plus de randonner le matin. Pensez aussi que cet itinéraire est linéaire, sans boucle : pour éviter de devoir refaire tout le chemin en sens inverse, l’idéal est de prévoir un second véhicule à l’arrivée, ou de s’organiser pour un retour. Enfin, restez prudent près des souffleurs et des rochers par forte houle, et respectez cet espace naturel sensible en remportant tous vos déchets.
Note pour les visiteurs de passage
Cette randonnée est une merveilleuse façon de découvrir le littoral sauvage du Nord Grande-Terre, à condition de bien la préparer. Si vous n’avez pas la possibilité d’organiser un retour en véhicule, rien ne vous oblige à aller jusqu’au bout : vous pouvez parcourir une portion seulement, par exemple jusqu’à la Pointe d’Antigues ou l’Anse Colas, puis faire demi-tour selon votre forme et l’heure. Le sentier étant balisé en jaune et ponctué de panneaux, l’orientation est aisée. Choisissez une journée de beau temps, de préférence en saison sèche, et partez tôt. Les parkings de départ et d’arrivée sont équipés de carbets pour pique-niquer. Prenez le temps d’admirer les paysages, d’observer les oiseaux et, si la mer le permet, le spectacle des souffleurs. Vous découvrirez une Guadeloupe authentique et préservée, faite de plages désertes, de mangroves et de grands horizons marins — une expérience qui restera parmi les plus beaux souvenirs de votre séjour.
Questions fréquentes
Où part le sentier ?
Du parking de la plage du Souffleur, tout au nord de Port-Louis. On longe le cimetière marin par la droite, puis on suit le littoral en direction d’Anse-Bertrand. La randonnée peut aussi se faire dans l’autre sens, depuis la plage de la Petite Chapelle.
Quelle est la distance ?
Comptez environ huit à neuf kilomètres pour l’aller simple, soit le double en aller-retour. Le parcours est parfaitement plat, mais sa longueur et la chaleur en font une sortie qui demande de l’endurance.
Est-ce adapté aux familles ?
Oui, le sentier est facile et sans dénivelé, donc accessible à tous. Avec des enfants, mieux vaut toutefois n’en faire qu’une partie, partir tôt, bien s’hydrater et se protéger du soleil et des yen-yens.
Qu’est-ce qu’un souffleur ?
C’est un geyser naturel : la houle s’engouffre dans des cavités de la roche et projette l’eau en l’air, parfois à plus de dix mètres. Le plus impressionnant se trouve vers l’Anse Colas, surtout par mer agitée.
Comment gérer le retour ?
L’itinéraire étant linéaire, l’idéal est de laisser un second véhicule à l’arrivée, ou de s’organiser un retour. Sinon, on peut faire un aller-retour partiel en rebroussant chemin au point de son choix.
Quand faut-il partir ?
Le plus tôt possible, avant neuf heures : la chaleur devient vite écrasante, et les yen-yens sortent l’après-midi. Le matin offre une lumière plus douce, une température plus clémente et une marche bien plus agréable.

