Quand on lève les yeux depuis la Pointe des Châteaux, on devine au large des silhouettes basses posées sur l'horizon : ce sont les îlets de Petite-Terre. Depuis la marina et le port de pêche de Saint-François, c'est le grand départ vers ce que beaucoup considèrent comme la plus belle excursion à la journée de Guadeloupe — une réserve naturelle où les iguanes se prélassent sur les sentiers, où les tortues remontent respirer dans un lagon transparent, et où le plus vieux phare de l'archipel veille sur un bout du monde resté sauvage. Voici ce qu'il faut savoir avant de larguer les amarres.
Îles & îlets

Située sur la commune de Saint-François, à l’extrémité est de Grande-Terre, La Douche est une curiosité naturelle qui attire de nombreux visiteurs cha...
Les îlets de Saint-François en chiffres
| Donnée | Repère |
|---|---|
| Nombre d'îles (Petite-Terre) | 2 — Terre de Haut et Terre de Bas |
| Distance depuis Saint-François | environ 18 km au sud-est |
| Temps de navigation | environ 40 à 50 minutes |
| Classement en réserve naturelle | septembre 1998 (Réserve Naturelle Nationale) |
| Gestionnaire | Office national des forêts (ONF) |
| Phare de Petite-Terre | érigé en 1840, plus ancien de Guadeloupe |
| Île accessible au public | Terre de Bas uniquement |
| Espèce emblématique | iguane des Petites Antilles (Iguana delicatissima) |
Petite-Terre : une réserve naturelle au large de Saint-François
Petite-Terre est un archipel de deux îles, Terre de Haut et Terre de Bas, séparées par un lagon peu profond et protégé par un récif corallien. L'ensemble se trouve à environ 18 km au sud-est de Saint-François, soit 40 à 50 minutes de navigation depuis la côte.
Classé Réserve Naturelle Nationale en septembre 1998 et géré par l'Office national des forêts, le site est strictement protégé. Seule Terre de Bas est accessible au public : Terre de Haut est réservée au suivi scientifique. Pour préserver le patrimoine, l'accès est réglementé et le nombre de visiteurs quotidiens est encadré ; on ne s'y rend que par l'intermédiaire de prestataires agréés, en bateau à moteur, en voilier ou en catamaran. Sur place, ni snack, ni douche, ni hébergement : on vient pour le calme, le silence et la nature brute.
Le lagon de Petite-Terre est un véritable aquarium grandeur nature. On y nage avec des tortues marines, des raies léopard, de petits requins-citron — inoffensifs — et une multitude de poissons tropicaux, au-dessus d'herbiers où viennent brouter les tortues. À terre, un chemin balisé mène au phare, jalonné de panneaux sur la faune, la flore et l'histoire des lieux : la balade se fait en moins d'une heure, à condition d'enjamber les iguanes qui occupent les sentiers sans la moindre crainte.
L'iguane des Petites Antilles (Iguana delicatissima) est l'emblème de la réserve. Devenu rare ailleurs dans l'archipel, où il est concurrencé par l'iguane commun, il prospère ici en quasi-roi des lieux : à Petite-Terre, ce sont les visiteurs qui s'écartent du chemin, pas les iguanes.
Les requins-citron juvéniles du lagon sont inoffensifs, mais on ne les touche pas et on ne les nourrit pas. De manière générale, à Petite-Terre, on observe sans toucher : la faune est protégée.
Un bout du monde chargé d'histoire
Le phare de Petite-Terre, dressé sur Terre de Bas, a été érigé en 1840 : c'est le plus ancien phare de Guadeloupe. Il a été reconverti en petit musée consacré à la faune et à la flore.
Les îles furent fréquentées par les Amérindiens Arawaks et Caraïbes, encore présents à l'arrivée de Christophe Colomb dans l'archipel en 1493. À la fin du XVIIIe siècle, des Européens venus de la voisine Désirade y pratiquèrent la culture du coton et de quelques légumes, mais le manque cruel d'eau douce rendit toute installation durable impossible. Aujourd'hui inhabitées, les deux îles ne sont plus peuplées que d'iguanes, de bernard-l'ermite, de sternes et d'oiseaux migrateurs.
Monter au phare, c'est embrasser d'un regard tout le lagon et mesurer l'isolement du lieu. Les panneaux installés sur le sentier et au pied du phare permettent de comprendre comment ce « bout du monde » a été habité, exploité, puis rendu à la nature. C'est cette superposition — vestiges humains et nature reconquérante — qui fait le charme singulier de Petite-Terre.
Sur Petite-Terre, l'eau douce a toujours manqué. C'est précisément ce qui a sauvé l'île : faute de pouvoir s'y installer durablement, les hommes l'ont peu transformée, laissant aux iguanes et aux tortues un sanctuaire que peu d'îles caribéennes peuvent encore offrir.
Une note d'honnêteté géographique : Petite-Terre est administrativement rattachée à la commune de La Désirade, et non à Saint-François. Mais c'est bien depuis Saint-François que part l'écrasante majorité des excursions, ce qui en fait, dans les faits, l'îlet emblématique de la commune.
Les autres îlets et rochers de la côte est
Au-delà de Petite-Terre, le littoral est de Saint-François compte quelques formations rocheuses isolées, comme le rocher de l'Éperon, situé à environ 700 m au large de la pointe de la Gourde. Ces îlots ne se visitent pas mais ponctuent joliment le paysage maritime de la péninsule. La matière reste ici limitée : l'essentiel de l'expérience « îlets » à Saint-François se concentre, sans rival, sur la réserve de Petite-Terre.
Comment s'y rendre : l'excursion en pratique
| Excursion à Petite-Terre | Détail |
|---|---|
| Point de départ | marina ou port de pêche de Saint-François |
| Embarcations | bateau à moteur, voilier, catamaran (prestataires agréés) |
| Durée de navigation | environ 40 à 50 minutes par trajet |
| Formule | demi-journée ou journée, souvent avec repas à bord ou sur place |
| Réservation | indispensable, parfois plusieurs semaines à l'avance en haute saison |
| Sur place | pas de commerce : prévoyez eau, protection solaire, chaussures d'eau |
L'accès à la réserve passe obligatoirement par un prestataire agréé. Les départs se font tôt le matin (souvent autour de 7 h) depuis Saint-François, pour une arrivée dans le lagon en milieu de matinée.
Le nombre de bateaux autorisés chaque jour est limité, et il est interdit de jeter l'ancre dans la réserve : les embarcations s'amarrent sur des lignes de mouillage prévues à cet effet. Ces règles, contraignantes en apparence, sont la raison même pour laquelle Petite-Terre est restée intacte.
En réservant à l'avance auprès d'un opérateur agréé, on s'assure une sortie encadrée, commentée, et respectueuse du site — souvent avec un repas de poissons grillés à bord ou sur la plage.
Méfiez-vous des offres « avec un gentil pêcheur au départ de Sainte-Anne » que l'on croise parfois sur les forums : il s'agit le plus souvent de prestations non autorisées dans la réserve. Privilégiez toujours un prestataire agréé au départ de Saint-François.
La sortie peut être annulée en cas de mauvaise météo ou de forte houle du nord, pour des raisons de sécurité : gardez de la souplesse dans votre programme.
Selon vos envies
- En famille : choisissez une formule journée avec un prestataire habitué aux enfants ; le lagon peu profond et les iguanes font toujours leur effet auprès des plus jeunes.
- En couple : une sortie en voilier ou en catamaran, plus lente mais plus contemplative, transforme la traversée elle-même en moment fort.
- Entre amis : la formule journée avec repas à bord et temps libre pour le snorkeling est imbattable pour une grande sortie.
- Vous résidez en Guadeloupe : réservez hors vacances scolaires et en semaine pour profiter d'une réserve plus calme — et soutenez les opérateurs agréés qui financent, en partie, la préservation du site.
Infos pratiques
L'excursion à Petite-Terre se prépare : réservation anticipée, départ matinal depuis Saint-François, et matériel adapté (eau en quantité, crème solaire, chapeau, chaussures d'eau pour le platier corallien, masque et tuba si non fournis). Comptez une journée complète pour la formule la plus courante. L'absence totale de commerces sur place impose d'être autonome.
Le soleil est intense et l'ombre rare sur Terre de Bas : hydratation et protection solaire ne sont pas optionnelles. En mer comme dans le lagon, suivez les consignes de l'équipage.
Questions fréquentes
Où se trouve Petite-Terre ?
À environ 18 km au sud-est de Saint-François, au large de la Pointe des Châteaux. La traversée dure de 40 à 50 minutes.
Petite-Terre fait-elle partie de Saint-François ?
Administrativement, l'archipel dépend de la commune de La Désirade. Mais la quasi-totalité des excursions partent de Saint-François, ce qui en fait l'îlet de référence de la commune.
Peut-on y aller seul, sans excursion ?
Non. L'accès à cette réserve naturelle est réglementé : on ne peut s'y rendre qu'avec un prestataire agréé, le nombre de bateaux et de visiteurs étant limité chaque jour.
Que peut-on voir dans le lagon ?
Des tortues marines, des raies, de petits requins-citron inoffensifs et de nombreux poissons tropicaux, au-dessus d'herbiers et de coraux.
Les iguanes sont-ils dangereux ?
Non. L'iguane des Petites Antilles est herbivore et inoffensif. On l'observe sans le toucher ni le nourrir.
Y a-t-il des commerces sur place ?
Aucun : ni snack, ni douche, ni hébergement. Il faut être totalement autonome (eau, nourriture si non fournie, protection solaire).
Quand le phare a-t-il été construit ?
En 1840. C'est le plus ancien phare de Guadeloupe, aujourd'hui reconverti en petit musée de la faune et de la flore.
Faut-il réserver longtemps à l'avance ?
En haute saison, oui : parfois plusieurs semaines, car le nombre de places quotidiennes est limité.
Quelle est la meilleure période ?
Petite-Terre se visite toute l'année, mais les sorties dépendent de la météo et de l'état de la mer : une houle de nord marquée peut entraîner des annulations.



