La baie des Saintes : l’une des plus belles baies du monde

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Une rade en forme de cœur, fermée par un îlet et gardée par d’anciens forts, où mouillent les plus beaux voiliers des Caraïbes au pied de collines verdoyantes piquetées de maisons colorées : la baie des Saintes est de ces paysages qui coupent le souffle. Membre du club très fermé des plus belles baies du monde, souvent comparée à celle de Rio, elle se découvre idéalement depuis la mer — et depuis les hauteurs qui la dominent.

Une baie d’exception

La baie des Saintes s’étend sur le littoral nord-ouest de Terre-de-Haut, dans l’archipel des Saintes. D’une superficie d’environ cinq kilomètres carrés, elle dessine une rade en forme de cœur, dont l’harmonie a séduit les plus grands voyageurs. Elle est délimitée au sud-ouest par la silhouette emblématique du Pain de Sucre, ce piton volcanique qui plonge dans la mer, et au nord-est par la pointe Coquelet. Au nord-ouest, l’îlet à Cabrit, gros rocher rocailleux, en ferme l’entrée et la protège, dessinant deux passes d’accès vers le port. Cette géographie refermée sur elle-même, entre mer et reliefs, confère à la baie son caractère intime et sa beauté singulière. Tout autour, les mornes verdoyants — dont le morne du Chameau, point culminant de l’archipel — plongent vers une eau turquoise, et leurs pentes se parsèment de maisons aux couleurs vives, comme autant de touches de peinture sur un décor de carte postale. Au fond de la baie se blottit le bourg de Terre-de-Haut, avec son port, ses ruelles animées et ses barques de pêche colorées, les fameuses saintoises. La baie comprend plusieurs anses — anse du Bourg, anse Mire, anse du Fond Curé, anse Galet, entre autres — qui composent un littoral découpé et varié. C’est cet ensemble, où la nature et l’habitat humain dialoguent en parfaite harmonie, qui fait de la baie des Saintes un site d’une rare beauté.

En pratique

CritèreÀ retenir
Littoral nord-ouest de Terre-de-Haut (Les Saintes)
AccèsEn bateau (Trois-Rivières, Pointe-à-Pitre, Saint-François)
ReconnaissanceMembre du club des plus belles baies du monde
RepèresPain de Sucre, pointe Coquelet, îlet à Cabrit
Meilleurs points de vueFort Napoléon, morne du Chameau, arrivée en bateau
Sur l’eauVoile, plongée, kayak, paddle; mouillage de voiliers
À savoirSite protégé; pas de voitures; venir tôt

Au club des plus belles baies du monde

La consécration de la baie des Saintes est venue de son entrée dans le club très fermé des plus belles baies du monde. Cette association internationale, créée à la fin des années 1990, rassemble des baies d’exception réparties dans des dizaines de pays, parmi lesquelles figurent des sites aussi prestigieux que la baie de Rio de Janeiro, celle du Mont-Saint-Michel ou la lagune de Venise. Y être admis est une reconnaissance de la valeur paysagère exceptionnelle d’un site, mais aussi un engagement à le préserver. La baie des Saintes est d’ailleurs souvent présentée comme l’une des plus belles au monde, parfois citée parmi les toutes premières du classement, témoignage de l’admiration qu’elle suscite. Cette renommée n’est pas usurpée. La comparaison récurrente avec la baie de Rio de Janeiro, qu’évoque en miniature la silhouette du Pain de Sucre, dit assez la force du paysage. Ce qui frappe, c’est l’équilibre parfait entre les éléments : la courbe de la rade, la barrière protectrice de l’îlet, la verticalité des mornes, la dispersion des voiliers sur l’eau, la gaieté des maisons colorées. Aucun de ces éléments pris isolément ne serait extraordinaire; c’est leur composition d’ensemble qui atteint la perfection. À cela s’ajoute l’absence de voitures sur l’île, qui préserve le calme et l’authenticité du lieu, et renforce l’impression de pénétrer dans un monde à part, suspendu hors du temps.

Où admirer la baie ?

La baie des Saintes se mérite sous plusieurs angles, et chacun offre une perspective différente. La plus célèbre, et sans doute la plus émouvante, est l’arrivée par la mer : lorsque le bateau franchit la passe et que la rade se dévoile, encadrée par le Pain de Sucre et la pointe Coquelet, le spectacle est saisissant. C’est ainsi que les marins ont de tout temps découvert les Saintes, et cette première vision reste gravée dans les mémoires. Depuis la terre, le belvédère incontournable est le Fort Napoléon, perché au-dessus de la pointe Coquelet : ses remparts offrent une vue plongeante à 360 degrés sur toute la baie, l’îlet à Cabrit et les îles environnantes. Pour les marcheurs, l’ascension du morne du Chameau, point culminant de l’archipel, récompense l’effort par un panorama encore plus vaste, embrassant la baie, les îlets et, au loin, la Guadeloupe. L’îlet à Cabrit, accessible en navette, offre lui aussi de superbes points de vue depuis les ruines du fort Joséphine, l’une des trois forteresses édifiées autour de la baie. Enfin, une simple balade le long du front de mer du bourg, ou une sortie en kayak, en paddle ou en voilier, permet de savourer la baie au ras de l’eau. Quelle que soit la perspective choisie, la baie des Saintes ne déçoit jamais, et chaque point de vue ajoute une facette à sa beauté.

Une baie chargée d’histoire

Derrière sa beauté paisible, la baie des Saintes porte une histoire mouvementée. Sa position stratégique, à un carrefour des Antilles, en a fait un enjeu militaire majeur entre la France et l’Angleterre, qui se disputèrent longtemps l’archipel. Pour la défendre, trois forteresses furent édifiées sur son pourtour : le fort Napoléon au-dessus de la pointe Coquelet, le fort Joséphine sur l’îlet à Cabrit, et la batterie de la Tête-Rouge. C’est au large de ces côtes que se déroula, en 1782, la fameuse bataille des Saintes, affrontement naval d’envergure qui opposa les flottes française et britannique et marqua l’histoire de la région. Ces vestiges militaires, aujourd’hui pacifiés, font partie intégrante du paysage et de l’identité de la baie. Ils rappellent que ce lieu, devenu un havre de douceur et de tourisme, fut longtemps un théâtre de tensions et de combats. Cette épaisseur historique ajoute à l’intérêt du site : contempler la baie depuis les remparts du Fort Napoléon, c’est aussi mesurer le chemin parcouru, d’une rade convoitée et fortifiée à l’un des plus beaux mouillages de plaisance des Caraïbes. Les Saintois, héritiers de ce passé, vivent aujourd’hui essentiellement de la pêche et du tourisme, et veillent, avec les autorités, à préserver ce patrimoine naturel et historique exceptionnel.

Honnêteté de terrain

La baie des Saintes ne se rejoint que par la mer : des liaisons en bateau partent de plusieurs ports de la Guadeloupe, principalement Trois-Rivières, mais aussi Pointe-à-Pitre ou Saint-François. La traversée, plus ou moins longue selon le point de départ, peut être agitée : si vous êtes sujet au mal de mer, prévoyez les précautions d’usage. Pensez à vérifier les horaires des navettes, en particulier celui du dernier bateau retour, pour ne pas rester bloqué. Sur place, les voitures sont interdites : on se déplace à pied, à vélo, en scooter ou en voiturette électrique, ce qui fait le charme — et parfois l’animation sonore — de l’île. Car le succès de la baie a son revers : Terre-de-Haut accueille chaque jour de nombreux visiteurs à la journée, et le bourg comme les sites les plus célèbres peuvent être très fréquentés en pleine saison. Pour apprécier la baie dans sa quiétude, privilégiez les heures matinales ou la fin d’après-midi, voire offrez-vous une nuit sur place : c’est au coucher du soleil et tôt le matin, quand les bateaux de la journée sont repartis, que la baie révèle sa magie la plus pure. Enfin, gardez à l’esprit que ce site classé est fragile : respectez l’environnement, ne jetez aucun déchet, et adoptez un comportement responsable, sur terre comme dans l’eau. C’est la condition pour que cette merveille demeure intacte pour les générations futures.

Note pour les visiteurs de passage

Découvrir la baie des Saintes est une expérience en soi, indépendamment des plages et des monuments qu’elle abrite. Dès l’arrivée en bateau, installez-vous sur le pont pour ne rien manquer du moment où la rade se dévoile : c’est l’un des plus beaux souvenirs que l’on puisse rapporter des Saintes. Une fois à terre, montez au Fort Napoléon pour embrasser la baie d’un seul regard, et, si vous êtes bon marcheur, tentez l’ascension du morne du Chameau pour un panorama encore plus large. Prenez le temps d’une sortie sur l’eau — kayak, paddle ou voile — pour apprécier la baie sous un autre angle, et flânez le long du front de mer du bourg au coucher du soleil. Prévoyez de bonnes chaussures, de l’eau, une protection solaire, et organisez votre journée autour des horaires de bateau. Si vous le pouvez, restez une nuit : vous découvrirez alors une baie apaisée, débarrassée de la foule, dont la beauté au crépuscule justifie à elle seule le voyage jusqu’à ce joyau des Antilles.

Questions fréquentes

Pourquoi la baie des Saintes est-elle célèbre ?

Parce qu’elle est membre du club des plus belles baies du monde, et souvent citée parmi les plus belles. Sa rade en forme de cœur, fermée par l’îlet à Cabrit et encadrée par le Pain de Sucre et la pointe Coquelet, est comparée à la baie de Rio.

Où a-t-on la plus belle vue sur la baie ?

Depuis les remparts du Fort Napoléon, qui la dominent à 360 degrés, depuis le sommet du morne du Chameau pour les marcheurs, et bien sûr à l’arrivée en bateau, lorsque la rade se dévoile entre ses deux pointes.

Comment se rend-on à la baie des Saintes ?

Uniquement par la mer, en bateau depuis Trois-Rivières, Pointe-à-Pitre ou Saint-François, ou en petit avion depuis Pointe-à-Pitre. Vérifiez les horaires, notamment du dernier bateau retour si vous venez à la journée.

Que peut-on faire sur la baie ?

Admirer le panorama, mais aussi naviguer : voile, plongée, kayak, paddle, ou simplement une balade le long du front de mer. La baie est un mouillage prisé des plaisanciers, et l’îlet à Cabrit, accessible en navette, mérite la visite.

Quelle est son histoire ?

Stratégique, la baie fut disputée entre la France et l’Angleterre et défendue par trois forteresses (forts Napoléon et Joséphine, batterie de la Tête-Rouge). Elle fut le théâtre de la fameuse bataille des Saintes, en 1782.

Quel est le meilleur moment pour en profiter ?

Tôt le matin ou en fin d’après-midi, lorsque les visiteurs d’un jour sont repartis. Si vous le pouvez, passez une nuit sur l’île : la baie au coucher du soleil et à l’aube, dans le calme, est inégalable.