Que voir à Gourbeyre

À Gourbeyre, le balcon vert au-dessus de la mer

Que voir Gourbeyre

Gourbeyre n’a ni grand fort ni cathédrale : son patrimoine, c’est l’eau et la montagne. Une commune étagée du bord de mer aux plateaux d’altitude, avec le Bassin Bleu et ses eaux fraîches, les étangs de montagne, les sources chaudes de Dolé et la marina de Rivière-Sens. Un balcon vert entre la Soufrière et les Caraïbes.

Que voir à Gourbeyre

À Gourbeyre, le balcon vert au-dessus de la mer

Gourbeyre n’a ni grand fort ni cathédrale : son patrimoine, c’est l’eau et la montagne. Une commune étagée du bord de mer aux plateaux d’altitude, avec le Bassin Bleu et ses eaux fraîches, les étangs de montagne, les sources chaudes de Dolé et la marina de Rivière-Sens. Un balcon vert entre la Soufrière et les Caraïbes.

Le Bassin Bleu, joyau d’eau douce

Le site emblématique de Gourbeyre est le Bassin Bleu, l’un des plus beaux bassins de baignade en eau douce de la Guadeloupe. Sur la rivière Le Galion, à 620 mètres d’altitude au cœur de la forêt tropicale humide, ce bassin s’est creusé au fil du temps dans des blocs volcaniques, au pied de falaises qui ne laissent passer le soleil que quelques heures par jour. Son nom vient de la couleur particulièrement bleu profond de son eau — une teinte changeante, qui varie selon l’heure, l’ensoleillement et le débit de la rivière. C’est un lieu de baignade prisé depuis des siècles, dont l’aménagement est très ancien.

On y accède par une petite randonnée facile, accessible à toute la famille : depuis le plateau du Palmiste, un large chemin descend le long d’une bananeraie sur environ un kilomètre, en une vingtaine à une trentaine de minutes de marche. On rejoint le départ en quittant le bourg par la route du plateau du Palmiste, puis en bifurquant vers Moscou, où des panneaux signalent le site — quelques places de stationnement bordent la route. Le long du chemin, par temps clair, une belle vue se dégage sur le massif de la Soufrière. La dernière approche, dans le lit de la rivière, se fait en s’aidant de racines et de cordes en place. Le détail de la baignade, des plongeons et de la cascade voisine de la Parabole est traité dans notre page « ce qu’on peut y faire » ; ici, retenons que le Bassin Bleu est l’image même de Gourbeyre, commune de l’eau vive et de la forêt. L’ambiance du lieu fait partie de son charme : dans cette trouée de forêt entre deux falaises, on n’entend que le bruit de la cascade et le chant des oiseaux — avec un peu d’attention, le cri du pic noir de Guadeloupe ou le chant strident des grillons. Les carbets d’une aire de pique-nique, juste avant le bassin, invitent à prolonger la halte au bord de la rivière Le Galion. C’est un de ces sites où la Guadeloupe nature se donne sans effort, à portée de tous.

Les étangs et les mornes d’altitude

Au-dessus du bourg, Gourbeyre monte vers les plateaux et les mornes du massif, un univers de moyenne montagne tropicale. Le plateau du Palmiste et le secteur de Moscou, à plus de 500 mètres d’altitude, surprennent par leur air frais et leurs maisons éparses sur des terrains plats, perchées loin de la côte. On y monte par une route en lacets, escarpée, qui dévoile au fil des virages des points de vue sur le sud de la Basse-Terre et sur la mer. Là-haut, le climat change : il fait plus frais, l’air est plus vif, et l’on comprend pourquoi certains Gourbeyriens ont choisi de vivre sur ces hauteurs, loin de la chaleur du littoral. De là partent les sentiers vers les étangs de montagne, ces lacs nichés dans la forêt humide : l’étang de l’As de Pique, le plus connu, vers 748 mètres entre le Morne Boudoute et le plateau de la Grande Chasse, mais aussi les étangs Roche, Madère et le Grand Étang. C’est un paysage rare en Guadeloupe, presque irréel, de lacs d’altitude bordés de fougères arborescentes. La trace des étangs, au départ du lieu-dit Moscou, relie ces lacs au fil d’un sentier souvent humide et inondé, dans une forêt où abondent les siguines, les usnées accrochées aux arbres et toute une flore des milieux humides. On y croise une faune discrète — oiseaux forestiers, dont la paruline cafeïette —, et l’on découvre, depuis certains passages, des vues sur la Citerne, l’un des sommets du massif. C’est une plongée dans la Guadeloupe d’altitude, loin des plages, que peu de visiteurs connaissent.

Ces étangs et ces mornes composent un patrimoine naturel d’exception, dans une forêt humide riche en oiseaux et en plantes épiphytes. Les sommets et les crêtes des Monts Caraïbes, au sud de la commune, prolongent ce relief vers Vieux-Fort. Pour le visiteur, c’est d’abord un décor à contempler — la brume qui s’accroche aux mornes, les étangs immobiles, la forêt dense — même si beaucoup de ces sites se méritent par la randonnée (voir notre page « ce qu’on peut y faire »). Cette géographie verticale, du littoral aux plateaux, fait toute la singularité de Gourbeyre.

Dolé et les eaux chaudes

Gourbeyre est aussi une terre d’eaux. La commune est connue pour ses sources, notamment celles de Dolé, exploitées et appréciées depuis l’époque coloniale, lorsque l’on préférait les bains en eau de source aux bains de mer. Le Bain des Amours de Dolé, aménagé récemment autour d’une source chaude naturelle, doit son nom à son bassin en forme de cœur ; son eau, naturellement chaude — souvent au-delà de 30 degrés —, est réputée pour ses vertus. À quelques minutes du bourg, accessible par un escalier et un ponton de bois, c’est l’un des lieux les plus caractéristiques de la commune.

Ces sources rappellent que la Guadeloupe est une terre volcanique : c’est la chaleur de la Soufrière qui réchauffe ces eaux jaillissant au pied du massif. Gourbeyre a fait de cette singularité un élément de son identité, entre eaux fraîches des rivières et eaux chaudes des sources. Le petit patrimoine bâti de ces aménagements thermaux, modeste mais ancien, raconte une longue histoire de fréquentation de ces bains. Dès les débuts de la colonisation, on venait à Gourbeyre prendre les eaux, à une époque où l’on boudait les bains de mer et où l’on prêtait aux sources des vertus curatives. Cette tradition thermale, rare en Guadeloupe, distingue la commune et explique l’existence de plusieurs bassins aménagés au fil des siècles autour des sources de Dolé. C’est une facette plus douce de la commune, à découvrir en complément des grands paysages d’altitude.

La marina et le bord de mer

À l’autre extrémité de son territoire, vers le bas, Gourbeyre touche à la mer Caraïbe à Rivière-Sens. La marina de Rivière-Sens, côté Gourbeyre, est le port de plaisance le plus aménagé du sud de la Basse-Terre : elle accueille voiliers, bateaux de plaisance et barques de pêche, avec les services d’un vrai port. C’est de là que partent de nombreuses excursions en mer, notamment vers l’archipel des Saintes, tout proche. Avec ses pontons, ses services pour les bateaux et son animation, la marina est un véritable petit centre de vie maritime, où se mêlent plaisanciers, pêcheurs et promeneurs. À côté, une plage de sable noir, discrète et peu fréquentée, et un front de mer animé complètent ce pôle maritime, partagé avec la ville voisine de Basse-Terre. Cette ouverture sur la mer a son histoire : aux temps des batailles coloniales, Gourbeyre servait de refuge aux habitants de Basse-Terre, qui se repliaient sur ses hauteurs à l’abri des bombardements. La commune a ainsi toujours vécu dans l’ombre et la complémentarité du chef-lieu, dont elle n’est séparée que par quelques minutes de route.

Au-dessus de la marina se dresse le Houëlmont, ce sommet boisé de 428 mètres qui domine la côte et porte à son sommet l’Observatoire volcanologique de la Guadeloupe, qui surveille la Soufrière. Sa forêt sèche du littoral, peuplée d’essences particulières — gommier, acacia, savonnette —, contraste avec la forêt humide des hauteurs. L’Observatoire volcanologique et sismologique installé à son sommet veille en permanence sur la Soufrière : c’est de là que les scientifiques surveillent l’activité du volcan qui domine toute la région. La présence de cet observatoire dit assez combien la commune, comme tout le sud de la Basse-Terre, vit au pied d’un géant endormi mais surveillé de près. Ce contraste, du littoral sec aux plateaux arrosés, résume bien Gourbeyre : une commune de tous les étages, de la mer au volcan, qui se donne à voir comme un véritable balcon sur le sud de la Basse-Terre et sur les Saintes.

Ce que garde Gourbeyre

| À voir | Ce que c’est |

|---|---|

| Bassin Bleu | Bassin d’eau douce en forêt (620 m) ; accès facile |

| Étangs d’altitude | As de Pique, Roche, Madère ; lacs de montagne |

| Dolé | Sources chaudes ; Bain des Amours (bassin cœur) |

| Marina Rivière-Sens | Port le + aménagé du sud BT ; départ Saintes |

| Houëlmont | Sommet 428 m ; observatoire volcanologique |

| Monts Caraïbes | Chaîne montagneuse vers Vieux-Fort |

Comment découvrir la commune

Gourbeyre se découvre en voiture, tant la commune est étagée et étendue, du bord de mer aux plateaux d’altitude. Les incontournables à contempler : le Bassin Bleu (au terme d’une marche facile), les paysages du plateau du Palmiste et des étangs, les sources de Dolé, et la marina de Rivière-Sens avec sa vue sur les Saintes. Beaucoup de ces sites étant naturels, prévoyez de bonnes chaussures et vérifiez la météo, surtout pour les hauteurs, souvent dans la brume et plus arrosées. La page « ce qu’on peut y faire » détaille les randonnées vers les étangs et les baignades ; la page « séjour » s’adresse à qui envisage de s’y installer. Sans monument célèbre, Gourbeyre offre quelque chose de plus rare : une commune où l’on vient voir la nature et l’eau, dans toute leur diversité, plutôt que des pierres.