Un ancien volcan endormi, coiffé d’un observatoire qui surveille la Soufrière, une forêt parsemée de vestiges militaires et de tombes oubliées, et un panorama saisissant sur Basse-Terre et le Fort Delgrès : le Tour du Houëlmont, à Gourbeyre, est une randonnée étonnamment riche pour sa durée. Entre nature, histoire et points de vue, elle offre un beau condensé du sud de la Basse-Terre. Voici ce qui vous attend sur ce sentier des Monts Caraïbes, et comment l’aborder.
Le Tour du Houëlmont : rando, panorama et mémoire à Gourbeyre

Fiche rando
| Critère | Info |
|---|---|
| Distance | ~5 km (Tour du Houëlmont) |
| Type | Boucle |
| Durée | ~2 h de marche |
| Dénivelé | ~250 à 300 m |
| Difficulté | Facile à modérée; quelques passages rocheux et glissants |
| Balisage | Jaune; bien marqué (déviation depuis un éboulement) |
| Départ | Bisdary (près du stade / Archives) ou Rivière-Sens, Gourbeyre |
| Sommet | Houëlmont, 428 m (Observatoire volcanologique de la Soufrière) |
| Période | Par temps sec; sentier glissant sous la pluie |
| Vigilance | À-pics dangereux au point de vue; parking non surveillé |
Un ancien volcan des Monts Caraïbes
Le Houëlmont est une petite montagne qui domine Gourbeyre et la ville de Basse-Terre, culminant à quatre cent vingt-huit mètres. Il appartient à la chaîne des Monts Caraïbes, dans le sud de la Basse-Terre, et constitue en réalité un ancien dôme volcanique : il est formé de blocs et de cendres rejetés autrefois par des cratères voisins. Cette origine volcanique n’est pas anodine, car c’est aujourd’hui à son sommet que se dresse l’Observatoire volcanologique de la Soufrière, chargé de surveiller en continu le célèbre volcan tout proche. La randonnée du Tour du Houëlmont fait le tour de cette éminence, en passant par l’observatoire. C’est une boucle d’environ cinq kilomètres, pour deux heures de marche et un dénivelé modéré. De niveau facile à moyen, elle reste accessible à des marcheurs en condition normale, même si quelques passages rocheux et glissants demandent de l’attention. Son grand intérêt tient à la variété de ce qu’elle offre : de la forêt, des vestiges historiques, et de superbes points de vue. Une randonnée complète, en somme, à deux pas de la ville.
L’observatoire qui veille sur la Soufrière
La présence de l’Observatoire volcanologique au sommet du Houëlmont donne à cette randonnée une dimension particulière. Cet établissement scientifique reçoit et analyse en permanence les données transmises par les nombreux capteurs installés sur la Soufrière, le volcan actif qui domine le sud de la Basse-Terre. Sismographes, mesures de gaz et de déformation du sol : c’est ici que l’on garde un œil vigilant sur « la vieille dame », comme l’appellent affectueusement les Guadeloupéens, afin d’anticiper toute évolution de son activité. Pour le randonneur, passer à proximité de l’observatoire rappelle que l’on évolue dans une région volcanique bien vivante. Le Houëlmont lui-même, on l’a vu, est un ancien dôme volcanique : marcher sur ses pentes, c’est fouler le témoignage d’éruptions anciennes. Cette conscience du caractère volcanique de l’île ajoute du sens à la balade, et invite à lever les yeux vers la silhouette de la Soufrière, toute proche. C’est aussi l’occasion, pour les résidents comme pour les visiteurs, de mesurer l’importance de la surveillance volcanique dans une région qui vit, depuis toujours, au rythme de sa montagne de feu.
Entre forêt et mémoire
Dès l’entrée dans la forêt, le sentier révèle sa dimension patrimoniale. On croise les vestiges d’un ancien cimetière de l’époque coloniale, dont les tombes, en partie recouvertes par la végétation, rappellent que cette zone fut autrefois occupée par des religieux. Plus loin, on découvre les restes d’une ancienne batterie militaire — fondations, canon, et une poudrière envahie par un énorme ficus. Ce patrimoine militaire du XVIIIe siècle témoigne de l’importance stratégique du sud de la Basse-Terre, jadis chargé de défendre les terres contre les envahisseurs. La nature, elle aussi, se montre généreuse. Le sentier chemine sous une forêt mésophile, semi-humide, peuplée d’arbres intéressants. Une curiosité botanique attend l’observateur : l’herbe poison, une plante endémique de Guadeloupe que l’on ne trouve nulle part ailleurs, et qui aurait été utilisée par les Amérindiens pour étourdir les poissons et faciliter leur pêche. Côté faune, le sentier est le royaume du pic de Guadeloupe, oiseau endémique, et d’insectes curieux. L’Office national des forêts a d’ailleurs aménagé un sentier d’interprétation au sommet, avec une application mobile et des bornes pédagogiques, pour découvrir cette richesse naturelle de manière ludique.
La mare suspendue et le panorama
Parmi les curiosités du parcours, la mare du Houëlmont occupe une place à part. Elle a la particularité d’être comme suspendue entre deux pentes, sur un étroit replat qui étonne par son emplacement. Son niveau d’eau varie fortement selon les saisons. C’est une source de vie pour la faune locale : de nombreuses libellules viennent s’y reproduire, et l’on y trouve aussi de petits poissons. À son bord se dresse un arbre imposant, un caconnier rouge, connu pour ses graines rouge et noir, recherchées en artisanat. Mais le clou du spectacle reste le panorama. En quittant le sentier à un endroit, on débouche sur une vue dégagée sur la ville de Basse-Terre et son littoral. En contrebas, on distingue nettement le Fort Delgrès, qui semble « à portée de canon » — un clin d’œil à l’histoire militaire des lieux. Attention toutefois : ce point de vue se gagne au bord d’énormes rochers, avec des à-pics importants et dangereux. Il faut donc l’approcher avec la plus grande prudence, sans s’avancer au bord, surtout avec des enfants. Le spectacle, lui, vaut largement le coup d’œil.
Plusieurs visages selon le départ
Le Houëlmont se découvre de plusieurs manières, selon le point de départ choisi. Au départ de Bisdary, on entre vite dans la forêt humide et l’on enchaîne vestiges, mare et observatoire. Au départ de Rivière-Sens, en revanche, le sentier traverse d’abord une forêt sèche de littoral, peuplée d’arbres adaptés à la chaleur et à la sécheresse — gommiers, acacias, savonnettes, sabliers — avant de grimper vers le sommet. Cette diversité de milieux, sur une même montagne, est l’un des charmes du lieu : on passe de la forêt sèche du bas à la forêt plus humide des hauteurs. Les marcheurs aguerris peuvent aussi combiner le Tour du Houëlmont avec d’autres itinéraires du secteur, comme la boucle voisine du Morne Cadet, pour une sortie plus longue et plus sportive. Les Monts Caraïbes, dans leur ensemble, offrent un beau terrain de randonnée, encore relativement méconnu, à l’écart des grands sites très fréquentés. Pour le résident en quête d’une sortie nature proche de Basse-Terre, comme pour le visiteur curieux d’explorer le sud de l’île, le Houëlmont constitue une valeur sûre, modulable selon l’envie et la forme du jour. Une montagne discrète, mais pleine de ressources.
Note pour les visiteurs de passage
Le Tour du Houëlmont est une belle randonnée à faire dans le sud de la Basse-Terre, surtout pour qui aime mêler nature et patrimoine. En deux heures de marche accessible, on traverse une forêt riche, on découvre des vestiges militaires et coloniaux, on observe une faune et une flore endémiques, et l’on profite d’un panorama mémorable sur Basse-Terre. Prévoyez de bonnes chaussures (le sentier est glissant par temps humide), de l’eau, et éventuellement un bâton de marche. L’accès au départ, du côté de Bisdary, n’est pas toujours évident à trouver : renseignez-vous ou suivez attentivement le balisage jaune. Soyez très prudent au point de vue, en raison des à-pics. Et pour profiter pleinement de la dimension naturaliste du sommet, pensez à l’application d’interprétation proposée par l’ONF. Une sortie complète, à deux pas de la ville, qui ravira les curieux.
Questions fréquentes
Où part la randonnée du Houëlmont ?
Le Tour du Houëlmont part généralement de Bisdary, à Gourbeyre (près du stade et des Archives départementales), ou de Rivière-Sens. Un sentier d’interprétation plus court existe aussi près de l’Observatoire volcanologique.
Quelle est sa difficulté ?
Facile à modérée : une boucle d’environ 5 km, 2 h de marche et un dénivelé d’environ 250-300 m. Quelques passages rocheux ou glissants demandent de la vigilance, surtout par temps humide.
Qu’y a-t-il à voir ?
Un ancien cimetière colonial, des vestiges militaires (batterie, poudrière), la mare suspendue du Houëlmont, l’Observatoire volcanologique au sommet, et un superbe panorama sur Basse-Terre et le Fort Delgrès.
Peut-on visiter l’observatoire ?
L’Observatoire volcanologique de la Soufrière est un site scientifique en activité, qui surveille le volcan. La randonnée passe à proximité mais ne propose pas nécessairement de visite intérieure; c’est surtout un point de repère du parcours.
Le point de vue est-il dangereux ?
Il se situe au bord de rochers avec des à-pics importants. Il faut l’approcher avec une grande prudence, ne pas s’avancer au bord, et surveiller étroitement les enfants. Le panorama reste magnifique.
Que faut-il emporter ?
De bonnes chaussures de marche, de l’eau, un téléphone chargé, et éventuellement un bâton pour les montées et descentes. Une casquette et de l’anti-moustique sont aussi utiles.

