Un buste en marbre, des canons et deux grosses ancres marines sur un petit square en bordure de la RN1, à Sainte-Marie : la stèle Christophe Colomb marque l'endroit traditionnellement reconnu comme le lieu de débarquement du navigateur en Guadeloupe, le 4 novembre 1493. C'est une halte historique courte (5-10 min), gratuite, facile à caser sur la route de la côte est — à condition de savoir à quoi s'attendre, car c'est un monument modeste et son sujet est aujourd'hui discuté. Voici l'info utile et le contexte.
Stèle Christophe Colomb

À savoir avant de partir
| Info | Détail |
|---|---|
| Quoi | Mémorial / stèle (buste de Christophe Colomb) |
| Où | Village de Sainte-Marie, Capesterre-Belle-Eau, en bord de RN1 |
| Inauguré | 4 novembre 1916 |
| Accès | Libre, gratuit, visible depuis la route |
| Durée | 5 à 10 min (arrêt rapide) |
| Stationnement | Sur place, à côté du square |
On ne peut pas le rater : le monument est directement sur la nationale, à quelques dizaines de mètres des étals de poissons de Sainte-Marie. C'est un arrêt « coup d'œil », pas une visite à part entière.
Ce qu'on voit
| Élément | Détail |
|---|---|
| Le buste | Christophe Colomb en marbre de Carrare, réalisé par un artiste génois, sur un socle triangulaire |
| Le poème | Une plaque de marbre au pied de la statue, gravée d'un poème écrit par le gouverneur de l'époque |
| Les canons | Plusieurs canons disposés autour du monument |
| Les ancres | Deux énormes ancres marines (installées en 1984) : l'une retrouvée dans la rade de Capesterre, l'autre venue de la capitainerie de Pointe-à-Pitre |
| Le square | Petit espace de verdure, offert à l'origine par une famille de planteurs |
Soyons honnête sur l'attente : c'est un petit square un peu daté, en bordure d'une route passante et bruyante. Plusieurs visiteurs trouvent qu'il ne « mérite pas le détour » en soi. Son intérêt est surtout historique et symbolique, et il se justifie comme arrêt rapide quand on passe sur la RN1, pas comme destination en elle-même.
Le contexte historique (ce que la stèle commémore)
L'essentiel : le 4 novembre 1493, lors de son deuxième voyage, la flotte de Christophe Colomb (17 navires, ~1500 hommes) aborde les côtes guadeloupéennes. Les chaloupes débarquent près de l'embouchure du Grand-Carbet pour s'approvisionner en eau douce — les chutes du Carbet, visibles de loin, laissaient présager une eau abondante — puis mouillent dans la rade de Sainte-Marie. Le hameau, comme la stèle, tire son nom de la Santa María, navire amiral de l'explorateur. C'est Colomb qui nomme l'île « Guadeloupe », en hommage au monastère de Santa María de Guadalupe en Estrémadure (Espagne).
Le monument lui-même a été initié dès 1912 par des habitants de la région et inauguré le 4 novembre 1916 par le gouverneur Mervart, puis béni par l'évêque Genoud. Laissé à l'abandon dans les années 1930, il a été restauré une quarantaine d'années plus tard et est aujourd'hui un point de repère de Sainte-Marie.
Un monument discuté : deux choses à savoir
Pour comprendre ce qu'on regarde, deux nuances importantes :
Le lieu exact fait débat. Sainte-Marie est traditionnellement présenté comme le point de débarquement, mais les historiens ne sont pas unanimes : certains situent l'accostage plutôt à l'embouchure du Grand-Carbet, d'autres discutent la date et l'endroit précis. La stèle marque donc un lieu de mémoire, pas une certitude topographique.
Le personnage est controversé. Célébrer Christophe Colomb n'est pas neutre : son arrivée préfigure la colonisation de la Guadeloupe et le drame des peuples amérindiens (Taïnos, Kalinagos). Le monument, conçu au début du XXe siècle dans un esprit de commémoration coloniale, est aujourd'hui regardé de façon plus critique. C'est un objet d'histoire à observer avec ce recul, et l'occasion de s'intéresser aussi à la présence amérindienne antérieure (voir les roches gravées de Trois-Rivières, tout près).
Cette double lecture rend d'ailleurs l'arrêt plus intéressant : on ne regarde pas seulement un buste, on lit un morceau de la façon dont la Guadeloupe a raconté son histoire au fil du temps.
Les dates clés à retenir
| Date | Événement |
|---|---|
| 6 décembre 1492 | Premier passage de Colomb (1er voyage) près de la Guadeloupe |
| 4 novembre 1493 | Débarquement à Sainte-Marie lors du 2e voyage ; l'île est nommée « Guadeloupe » |
| 1496 | Nouvelle escale : Colomb se heurte à la résistance caraïbe |
| 1635 | Installation des Français en Guadeloupe |
| 1912 | Lancement du projet de monument par des habitants de la région |
| 4 novembre 1916 | Inauguration de la stèle par le gouverneur Mervart |
| Années 1930 | Abandon du site |
| ~1970-80 | Restauration ; ajout des deux ancres en 1984 |
Ces repères, lus sur place, transforment un simple buste en fil conducteur de cinq siècles d'histoire guadeloupéenne — du premier contact européen à la mémoire qu'on en a construite au XXe siècle.
Sainte-Marie : profiter de l'arrêt
Tant qu'à s'arrêter, autant voir le village. Sainte-Marie est un hameau de pêcheurs de la côte est : juste à côté de la stèle, les étals de poissons permettent d'acheter la pêche du jour (vivaneaux, thazards, langoustes selon arrivage) — bon plan pour qui cuisine sur place. Une petite buvette jouxte le square pour boire un jus ou un café. En contrebas, le rivage de Sainte-Marie est sauvage et rocheux, battu par l'Atlantique : joli pour un coup d'œil, mais pas pour la baignade (pour ça, la plage de Roseau toute proche est faite pour). C'est aussi le point de départ idéal pour remonter vers les chutes du Carbet, là même où Colomb serait venu chercher de l'eau douce — une continuité géographique amusante à vivre.
Infos pratiques : accès et stationnement
| Info | Détail |
|---|---|
| Localisation | Bord de la RN1, village de Sainte-Marie, Capesterre-Belle-Eau |
| Repère | À quelques mètres des étals de poissons ; une buvette à côté |
| Depuis Pointe-à-Pitre | ~45 min-1 h par la N1 (côte est) |
| Stationnement | Sur place |
| Durée conseillée | 5-10 min, en passant |
Combiner sur la route
La stèle se voit en quelques minutes : son intérêt, c'est de l'intégrer à une journée sur la côte est de Basse-Terre, où tout est proche.
| À enchaîner | Distance | Type |
|---|---|---|
| Allée Dumanoir | ~5 min | Célèbre allée de palmiers royaux |
| Distilleries Longueteau / Karukera | ~5-10 min | Domaine du Marquisat (rhum) |
| Grand Café Plantation | ~10 min | Bananeraie (visite guidée) |
| Plage de Roseau | ~5-10 min | Baignade familiale |
| Roches gravées (Trois-Rivières) | ~20-25 min | Pétroglyphes amérindiens (l'autre versant de l'histoire) |
| Chutes du Carbet | ~25-35 min | Cascades, là où Colomb se serait approvisionné en eau |
Idée d'enchaînement : la stèle (arrêt 5 min) + l'allée Dumanoir juste à côté + une distillerie ou la plage de Roseau. Pour donner du sens à la visite, prolongez par les roches gravées de Trois-Rivières : on passe du récit colonial du débarquement à la trace concrète des peuples amérindiens qui occupaient l'île bien avant 1493.
Résident ou de passage ?
Pour un résident, c'est un repère familier de Sainte-Marie, chargé d'une histoire qu'on peut regarder aujourd'hui d'un œil critique et nuancé. Pour un visiteur, c'est un arrêt court et gratuit sur la RN1, intéressant surtout si l'on s'attache au contexte (débarquement de 1493, origine du nom « Guadeloupe », débats mémoriels) plutôt qu'au monument lui-même, modeste. À voir en passant, idéalement couplé à l'allée Dumanoir voisine et, pour l'équilibre, aux roches gravées amérindiennes de Trois-Rivières.
Questions fréquentes
Que commémore la stèle ?
Le débarquement de Christophe Colomb en Guadeloupe le 4 novembre 1493, lors de son deuxième voyage, à Sainte-Marie — lieu traditionnellement reconnu, même si les historiens en débattent.
Où se trouve-t-elle ?
À Sainte-Marie, sur la commune de Capesterre-Belle-Eau, directement en bordure de la RN1 (côte est de Basse-Terre). Impossible à manquer.
Que voit-on sur place ?
Un buste de Colomb en marbre de Carrare sur socle triangulaire, un poème gravé, des canons et deux grandes ancres marines, le tout sur un petit square.
Ça vaut le détour ?
C'est un arrêt rapide (5-10 min), pas une destination : le square est modeste et en bord de route passante. L'intérêt est historique et symbolique. Combinez-le avec les sites voisins.
Pourquoi le monument est-il controversé ?
Parce qu'il célèbre une figure liée à la colonisation et au sort tragique des peuples amérindiens. Conçu en 1916 dans un esprit colonial, il est aujourd'hui lu avec un regard plus critique.
Que faire autour ?
L'allée Dumanoir, les distilleries du Marquisat (Longueteau, Karukera), le Grand Café, la plage de Roseau, et les roches gravées de Trois-Rivières pour l'autre versant de l'histoire.
D'où viennent les noms « Guadeloupe » et « Sainte-Marie » ?
« Guadeloupe » vient du nom donné par Colomb en hommage au monastère espagnol de Santa María de Guadalupe (Estrémadure). « Sainte-Marie » reprend le nom de la Santa María, le navire amiral de l'explorateur. Les deux noms qu'on emploie encore aujourd'hui remontent donc à cet épisode de 1493.
Peut-on acheter du poisson frais sur place ?
Oui : les étals de pêcheurs de Sainte-Marie, à quelques mètres de la stèle, vendent la pêche du jour selon arrivage. C'est l'un des bons côtés concrets de l'arrêt si vous cuisinez pendant votre séjour.

