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Loin de l'agitation balnéaire, Bouillante garde la trace de son histoire dans la pierre, le fer et le béton. Sur ses pointes battues par les alizés veillent encore d'anciennes batteries et leurs canons, face à la mer des Caraïbes; au fond d'une baie classée reposent des épaves napoléoniennes; sur les hauteurs, un mémorial honore la mémoire des esclaves révoltés. Entre patrimoine défensif, phares solitaires, première centrale géothermique de France et bâtisses créoles, la commune raconte quatre siècles d'histoire à ciel ouvert. Voici les monuments de Bouillante et les clés pour les découvrir.

À découvrir
Station Géothermique de Bouillante

Vous êtes sûrement passé devant sans la remarquer. Pourtant, cette centrale discrète posée au ras de l'eau à Bouillante produit une part de l'électric...

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L'essentiel

RepèreDonnée
Site classéAnse à la Barque (classée 1980, site naturel)
Phare emblématiquePhare de la Pointe de l'Anse (1950)
Patrimoine défensifBatteries et canons (Pointe Lézarde, Anse à la Barque)
Monument industrielCentrale géothermique (1re de France)
MémoireMémorial pour la Liberté (quartier Village)

À Bouillante, les monuments se lisent face à la mer : tours de guet, canons et phares racontent une côte longtemps disputée.

L'ANSE À LA BARQUE, ENSEMBLE HISTORIQUE CLASSÉ

À la frontière de Bouillante et de Vieux-Habitants, l'Anse à la Barque est le plus riche ensemble patrimonial de la commune. Premier port naturel de Guadeloupe, mouillage parfaitement abrité des houles, elle fut un refuge dès la colonisation espagnole, puis un port et une zone de carénage français, et le théâtre de combats contre les Anglais — notamment en 1746, durant la guerre de Succession d'Autriche. Le site, à la très haute valeur paysagère, est classé depuis 1980 au titre des sites naturels, et intégré depuis 2003 au Conservatoire du Littoral.

Au bout d'un court sentier, sur la Pointe de l'Anse côté Bouillante, le phare (1950) se dresse à l'emplacement même de l'ancienne batterie, dont les canons font toujours face à la mer. À ses côtés, la maison des gardiens du phare (1933), bâtie en partie avec les dédommagements versés par l'Allemagne après la Première Guerre mondiale, et une stèle érigée en mémoire des victimes d'un grave accident de transport survenu en novembre 1972. Sous la surface de la baie reposent les épaves de deux corvettes napoléoniennes, la « Loire » et la « Seine », sabordées en 1809 face à la menace anglaise : un site archéologique protégé, visible dès quelques mètres de fond.

MonumentLieuÀ savoir
Phare de la Pointe de l'AnseAnse à la BarqueConstruit en 1950 sur l'ancienne batterie
Batterie et canonsAnse à la Barque, Pointe LézardeVestiges de la défense côtière
Épaves « Loire » et « Seine »Fonds de l'anseCorvettes sabordées en 1809
Mémorial pour la LibertéQuartier VillageStatue de l'esclave révolté, buste de Schœlcher

LES BATTERIES ET LA DÉFENSE DE LA CÔTE

Bouillante, comme toute la Côte-sous-le-Vent, fut longtemps en première ligne face aux incursions anglaises. De nombreuses pointes face à la mer des Caraïbes étaient autrefois équipées d'une batterie, de canons et de poudrières, pour garder les côtes. Deux d'entre elles ont conservé leurs canons : la Pointe de l'Anse à la Barque et la Pointe Lézarde, accessible par le sentier du même nom depuis le Point de vue de Falaise. Ces vestiges, posés au milieu d'une forêt sèche peuplée d'iguanes, témoignent d'une époque où la commune vivait au rythme des alertes et des combats navals.

Découvrir ces batteries, c'est remonter le temps jusqu'aux guerres coloniales du XVIIIe siècle. Pour le visiteur, l'émotion naît du contraste : des canons rouillés pointés vers une mer aujourd'hui paisible, dans un décor de cactus, de flamboyants et de falaises. Pour le résident, ce sont des repères familiers, témoins discrets d'une histoire mouvementée. On y accède librement, à pied, en respectant ces vestiges fragileset en restant prudent aux abords des falaises.

LE MÉMORIAL POUR LA LIBERTÉ ET LA MÉMOIRE DE L'ESCLAVAGE

Sur les hauteurs du quartier de Village, devant l'ancienne Habitation d'Huy, le Mémorial pour la Liberté de Bouillante est l'un des monuments les plus chargés de sens de la commune. Une statue d'esclave révolté y incarne l'insoumission de ceux qui furent déportés d'Afrique pour le travail forcé dans les plantations; à ses côtés, un buste de Victor Schœlcher rappelle le combat des républicains pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises. Chaque année, le site accueille les commémorations de l'abolition.

Anecdote : la mémoire du marronnage imprègne les hauteurs de Bouillante. Tout près, sur les sentiers de l'arrière-pays, des lieux comme « Belle Vue » ou les grottes de la section L'Échine servaient de refuge aux Nèg Mawon, ces esclaves échappés des plantations. Le Mémorial pour la Liberté donne un visage et un nom à cette histoire de résistance, au cœur d'un quartier né d'une ancienne habitation sucrière et caféière.

LES BÂTIMENTS ANCIENS DU BOURG ET LA GÉOTHERMIE

Le bourg de Bouillante conserve lui aussi quelques témoins de son passé. Face à l'actuelle mairie subsiste une ancienne prison en pierre volcanique, l'une des premières constructions encore debout de la commune. La mairie elle-même, d'architecture béton du début du XXe siècle, est née du vaste programme de reconstruction de la Guadeloupe après le séisme de 1928; l'ancienne mairie, une bâtisse créole en bois transférée depuis Pigeon, est aujourd'hui la Maison des Aînés. Ces édifices racontent les déménagements et les reconstructions successifs d'une commune façonnée par les catastrophes naturelles.

Mais le monument le plus singulier de Bouillante est sans doute le plus moderne : sa centrale géothermique, la première de France, qui exploite la chaleur du volcan pour produire une part de l'électricité de l'archipel. Posée en bord de mer, elle est devenue un repère du paysage et un symbole de l'identité de la commune, dont le nom même évoque l'eau bouillonnante. Industriel et discret, ce monument vivant illustre la rencontre, propre à Bouillante, entre patrimoine, nature et innovation.

Respect des vestiges : batteries, canons et épaves sont des biens patrimoniaux fragiles et parfois protégés. On les observe sans les dégrader, et l'on ne prélève rien, en mer comme à terre.

Sécurité : les abords des phares et des batteries longent des falaises; prudence avec les enfants et par mer formée, notamment sur les sentiers littoraux.

SELON VOS ENVIES

En famille : la courte balade vers le phare et les canons de l'Anse à la Barque, ludique et chargée d'histoire, accessible à tous.

En couple : une fin de journée au point de vue de l'Anse à la Barque, entre vestiges et coucher de soleil sur la mer des Caraïbes.

Entre amis : une exploration des batteries de la Pointe Lézarde, masque et tuba dans le sac pour observer les épaves au large.

En solo : une visite recueillie du Mémorial pour la Liberté, pour méditer sur la mémoire de l'esclavage et du marronnage.

INFOS PRATIQUES

Où : Anse à la Barque (sud, frontière de Vieux-Habitants); Pointe Lézarde (depuis le Point de vue de Falaise); Mémorial pour la Liberté (quartier Village); bourg de Bouillante (prison, mairie); centrale géothermique (bord de mer).

Accès : commune le long de la route de la côte ouest; point de vue aménagé sur l'Anse à la Barque le long de la nationale.

Visites : la plupart des sites se découvrent librement, de l'extérieur; certaines habitations privées ouvrent lors des Journées du patrimoine (programme à vérifier chaque année).

Conseils : chaussures fermées, eau et chapeau pour les sentiers de forêt sèche; appareil photo pour les panoramas.

Ne pas dégrader ni prélever les vestiges historiques, protégés ou non.

Questions fréquentes

Quel est le site historique majeur de Bouillante ?

L'Anse à la Barque, premier port naturel de Guadeloupe, classée site naturel depuis 1980. Elle réunit phare, ancienne batterie, canons et épaves de corvettes napoléoniennes sabordées en 1809.

Peut-on voir des canons anciens ?

Oui : deux pointes ont conservé leurs canons, la Pointe de l'Anse à la Barque et la Pointe Lézarde. Ils sont accessibles par de courts sentiers, posés face à la mer.

Qu'est-ce que le Mémorial pour la Liberté ?

Un monument du quartier Village, devant l'ancienne Habitation d'Huy, dédié à la mémoire de l'esclavage : une statue d'esclave révolté et un buste de Victor Schœlcher. Il accueille les commémorations de l'abolition.

Y a-t-il des épaves à voir ?

Oui, dans l'Anse à la Barque reposent les épaves de deux corvettes napoléoniennes, la « Loire » et la « Seine », sabordées en 1809. Elles sont visibles dès quelques mètres de fond, en snorkeling.

La centrale géothermique est-elle un monument ?

C'est un monument industriel à part entière : première centrale géothermique de France, en bord de mer, elle symbolise le lien unique de Bouillante avec la chaleur du volcan.

Peut-on visiter les anciennes habitations ?

La plupart sont des propriétés privées. Certaines ouvrent exceptionnellement lors des Journées européennes du patrimoine, en septembre (programme à vérifier chaque année).

Le phare de l'Anse à la Barque se visite-t-il ?

Il se découvre de l'extérieur, au bout d'un court sentier depuis le point de vue. La maison des gardiens (1933) appartient à l'État et n'est ouverte que pour des événements occasionnels.

Ces monuments sont-ils payants ?

Non, les sites en plein air (batteries, phare, mémorial, point de vue de l'Anse à la Barque) se découvrent gratuitement et librement.

Quand visiter ces sites ?

Le matin ou en fin d'après-midi, pour la fraîcheur et la lumière, surtout sur les sentiers de forêt sèche peu ombragés. On évite les heures les plus chaudes.